Nous quittons Séville dans la matinée avec nos amies. Nous allons rejoindre le petit village de Villafranca de los Barros dans lequel il y a une aire de camping-car sur la place de la ferria. Pour le côté pratique, nous y trouvons ce qu’il faut pour faire le plein d’eau. Nous décidons de rester ici pour le week-end. C’est calme, particulièrement la nuit. Et nous avons le plaisir d’entendre les oiseaux chanter au petit matin. 

Samedi matin, après une session d’école, je vais avec Luna et Maïa dans un petit bazar, car Luna a besoin de laine pour ces prochains projets en crochet. Et elle tombe dans la caverne d’Ali Baba. Il y a un gros choix de couleurs. Luna est aux anges et Maïa aussi parce qu’elle a commencé à apprendre à crocheter avec sa grande sœur.

En fin d’après-midi, nous allons découvrir le musée ethnographique de la ville. On y découvre plusieurs salles qui expose des objets, des outils, des instruments de musiques, des meubles de différentes époques de l’Histoire. On découvre aussi un peu mieux l’histoire du 20e siècle du pays ainsi que différents secteurs d’activité comme l’agriculture ou la broderie.
Il existe aussi une section dédiée aux véhicules des années 50 à nos jours. On peut y voir des voitures anciennes, des motos et cyclomoteurs, des véhicules agricoles ou utilitaires et des objets liés à l’automobile. 
Au dernier étage du musée, une salle est consacrée à une collection des albums de Tintin traduits en 136 langues. C’était vraiment une chouette découverte !

Dimanche, là où je m’imaginer travailler un peu, mais surtout prendre notre dent, une énorme rage de dent me met complètement KO ! Yannick file à la pharmacie pour acheter de quoi me soulager un peu. Et lundi matin, direction le dentiste du village. Nous sommes tout de suite reçu. Il ne peut pas me soigner tout de suite, car il n’a pas de place, mais me donne rendez-vous le lendemain dans la ville d’à côté.

Mardi après-midi, nous prenons donc la route pour Almendralejo. Nous trouvons un parking dans le centre juste à côté d’un petit parc de jeux. Maïa en profite pour ressortir ses rollers. En fin d’après-midi, nous allons chez le dentiste. Yannick est avec moi pour me servir de traducteur et me soutenir. Car là, pour moi, commence l’enfer. Eh oui, je suis odontophobe, la phobie des dentistes. Et je crois que même mon amoureux ne s’attendait pas à ça. Je suis dans un état d’angoisse absolue. Mon corps est tendu de la tête au pied, je pleure, je tremble …

Heureusement la dentiste et son assistante sont d’une bienveillance incroyable. Elle m’anesthésie le plus qu’elles peuvent et commencent leur travail. Je m’agrippe à mon plus, je sens Yannick qui pose sa main sur ma jambe pour me rassurer, mais rien n’y fait ! Elles ont réussi à “tuer” un nerf mais pas le second, car la pulpe est trop enflée. Rendez-vous donc mercredi après-midi pour un second round… En attendant, elles me prescrivent un antibiotique qui va calmer l’inflammation.

On rentre à Yamato, les enfants sont trop choux avec moi et sont très attentionnés !
Le lendemain, je sens toujours un peu ma dent, mais elle ne me fait pas souffrir comme la veille. Nous passons la journée à travailler en attendant 18h30. La dentiste m’injecte l’anesthésiant. Et je crois qu’elle a vraiment mis la dose car je sens l’effet quasi immédiatement ! Et voilà, en une heure elle s’est entièrement occupée de ma dent en la reconstituant complètement. 

Los Barruecos : un spot nature incroyable en Espagne

Mercredi, nous quittons Almendralejo pour rejoindre nos amis Julie et Nico, mais aussi Aurore, qui nous attendent dans le parc naturel de Los Barruecos. Et ce spot est absolument magique. Nous sommes en pleine nature (bon sur un parking quand même) et à part le chant des oiseaux, il n’y a pas grand bruit. Cela nous fait un bien fou après les derniers spots que nous avons fait depuis San Fernando.

Et tout juste arrivés, nous partons tous ensemble pour une petite randonnée dans le site naturel. Nous sommes entourés de rochers granitiques, d’énormes blocs qui, avec le temps et l’érosion, ont pris des formes rigolotes. On peut ainsi y voir une tortue, un requin, un escargot, une bombe (mais on a trouvait qu’il ressemblait plutôt à BB8), ou encore une gargouille. Les enfants se lancent dans une exploration des lieux et prennent plaisir à se perdre au milieu de ces rochers et des arbres. Ces paysages ont même servi de décors à la série Game of Throne !
Le site est aussi ponctué de charcas, des plans d’eau sur lesquels se reflètent les rochers et cela nous offre une jolie vue. On peut y apercevoir des canards, des oies, des hérons, des grèbes, des gallinules ou encore des spatules.

Et puis, Los Barruecos est surtout le paradis des cigognes blanches. Il y en a des dizaines qui sont venus trouver refuge ici. Il y a un lieu en particulier, la Humedal de la Cigüeña, un énorme rocher sur lequel les cigognes ont construit leur nid. Et c’est trop chouette, car nous sommes en période de nidification. Dans chaque nid, il y a donc au moins une cigogne, la femelle ou le mâle, et parfois, on voit le second voler au-dessus de nos têtes pour apporter de la nourriture. Franchement, c’est magique !!!

Vendredi et samedi, les journées se passent en douceur entre école, travail et partie de Zombicide avec les copains !

Dimanche, c’est la journée off pour nous ! Enfin, on a quand même travaillé un peu dans la matinée. Et l’après-midi, nous sommes allés nous offrir une jolie balade nature dans le parc naturel. On a voulu suivre un chemin de randonnée, mais pas complètement. Et au moment où on a voulu rejoindre un autre chemin… on s’est un peu perdu. Et les enfants se sont lancés dans la recherche d’une piste de traverse pour l’atteindre. On a crapahuté, escaladé, rebroussé chemin, mais ils ont réussi à trouver un petit chemin pour retrouver notre route. 

Pour les deux premiers jours de la semaine, on décide de ne pas faire grand chose. On a tous du boulot (les copains aussi), et il faut qu’on avance ! Alors, on travaille et en fin de journée, on se retrouve pour papoter et faire de chouettes parties de Loup Garou. Cela faisait plus de 20 ans que je n’avais pas joué et c’était trop cool de replonger dans cet univers. Et c’est cool de voir les enfants y prendre du plaisir !

Mercredi matin, les copains partent. Et cette fois, nous prenons tous des routes différentes, donc on ne sait pas quand on se reverra… Mais on sait que nos chemins se recroiseront !
Après les au-revoir, et une bonne matinée de travail/école, on part visiter le musée Vostell-Malpartida. Un musée créé en 1976 par l’artiste allemand Wolf Vostell.

Vostell est un artiste d’avant-garde, lié au mouvement Fluxus. Tu ne connais pas ce mouvement ? Nous non plus ! Alors je suis allée chercher. Il s’agit d’un mouvement naît dans les années 60 et qui rassemble des artistes comme Yoko Ono, Wolf Vostell (celui de notre musée) ou encore Nam June Paik (un pionnier de l’art vidéo).

Le mouvement Fluxus mélange art, vie quotidienne et performance. En gros, pour ces artistes, faire la vaisselle peut être une œuvre, ouvrir une porte peut être une performance, un silence peut être une musique. C’est un peu déroutant et cela donne place à des œuvres un peu particulières. On a ainsi pu voir une voiture dont le moteur et le tableau de bord ont été enlevés pour laisser place à un piano à queue (les touches prenant la place du tableau de bord). Alors, en statique, j’ai trouvé cela plutôt chouette (si, si, promis !), mais quand on visionne la performance à l’écran, on y voit des femmes enchaînées qui frappent les touchent avec des marteaux. Et là … j’ai pas compris !!!

Il y a eu plein d’autres œuvres assez incompréhensibles, que même les enfants ont qualifiées d’un peu glauques (j’avoue !) et d’autres œuvres plutôt chouettes, et même un peu drôles.

Je pense à cette installation de Wolf Vostell met en scène cinq chaises, chacune associée à une “promesse” ou une transformation. Et contrairement à un tableau ou une sculpture, ici nous sommes invités à nous asseoir. Chaque chaise propose une sorte de destin : la richesse, le développement des talents, la dérive (en devenant gangster), la luxure, et la mort. Et là, Vostell pose une question assez forte sur comment nos choix peuvent orienter notre vie.

Forcément, nous avons joué le jeu, nous nous sommes assis. Juste pour assurer nos arrières 😉 Yannick s’est assis sur la chaise qui apporte la richesse. Les enfants ont fait le choix de s’asseoir sur la chaise qui leur permet de développer leurs talents (trop fière d’eux qu’il aient fait ce choix). Et j’ai moi aussi décidé de m’asseoir sur cette chaise. Eh oui, si je développe mes talents, je développerais aussi mes richesses !
Bon, c’est un musée un peu particulier, qui n’a pas fait l’unanimité. Mais je trouve intéressant de faire découvrir aux enfants des œuvres qui puissent ainsi les faire réagir et réfléchir. 

Entre les imprévus de santé, les moments entre amis et les parenthèses magiques en pleine nature, ce bout de route nous rappelle encore une fois que la vie nomade, c’est apprendre à accueillir chaque instant.