On a quitté notre spot avec nos petits bouquetins ibériques, car il commence à être urgent de trouver de l’eau. Et en 7 ans de vie nomade, c’est la première fois que nous galérons autant pour en trouver. Après quelques échanges avec d’autres voyageurs, c’est finalement à Coìn que nous trouvons notre bonheur. Après avoir fait le plein, nous reprenons la route pour Fuengirola afin de retrouver tous les copains. Notre objectif est de fêter l’anniversaire de Yannick tous ensemble !
Nous en profitons aussi pour aller nous balader dans le Castillon Sohail. Un château construit au Xe siècle par le califat de Cordoue. Et puis, c’est également l’occasion de nous promener en amoureux sur la digue. On a comme une sensation de vacances ! Et les enfants, eux, profitent pleinement de la plage et fabriquent même une superbe cabane !











Après deux jours ici, c’est le temps des au-revoir. Élodie et Romuald prennent la route en direction de la France. Après 3 mois de vadrouille ensemble, nos routes se séparent ! Cela fait bizarre de les quitter après avoir tissé de forts liens !
De notre côté, on change de spot. On ne va pas très loin, mais nous souhaitons nous mettre à l’abri des inondations et attendre tranquillement en attendant que la météo soit un peu plus clémente !
Le soleil est revenu, en tout cas, la pluie a cessé et nous décidons de nous déplacer. Nous venons nous poser dans le petit village de Guadarranque pour quelques jours, une tempête étant annoncée (encore !).
Nous commençons par faire un peu de repérage : il y a une petite plage très propre qui fait face d’un côté au rocher de Gibraltar et de l’autre au port d’Algesiras. La mer est pleine de paquebots qui patientent pour y entrer. Cela ne nous donne pas du tout envie de nous baigner. Bon, en même temps, vu la météo…
Il y a aussi le site archéologique de Carteia. Carteia était une ville antique fondée par les Phéniciens, puis développée par les Romains. En passant lors d’une petite balade, le site est fermé et il semble que l’on doive réserver pour le visiter.
Et puis, il y a un parc à quelques mètres qui nous aura offert une petite balade sous la bruine.
Nous patientons donc sur le parking du village pendant quelques jours, le temps que la tempête Niels passe. Ici nous sommes à l’abri du vent. Et ça, ça n’a pas de prix quand on voit ce que cette tempête a encore eu comme conséquences cette fois-ci !
Le lendemain de notre arrivée, nos amis Julie et Nico nous ont rejoints. Nous avons pu fêter l’anniversaire de Luna (15 ans) et celui de Nathan (17 ans) (eh oui, encore des anniversaires) Ces quelques jours s’écoulent tout en douceur entre pluie et rayons de soleil.






La tempête passée, nous pouvons partir faire une nouvelle découverte, celle de Gibraltar. Nous décidons d’aller nous poser sur le parking tout proche pour laisser notre Yamato pour la journée.
Et c’est parti ! Nous allons découvrir le fameux rocher de Gibraltar. Bon, le découvrir de manière gratuite, parce qu’à 5 le budget est conséquent, mais nous allons quand même bien en profiter.
D’ailleurs, sur notre Patreon, je te partage notre mini-guide « Préparer une visite sans stress ».
Nous commençons par passer la frontière. Eh oui, étant donné que Gibraltar est anglais, et avec le Brexit, il nous faut présenter nos passeports. Notre seule déception : ne pas avoir eu un petit tampon pour marquer le coup !
Une fois la frontière passée, nous traversons ensuite la piste d’atterrissage de l’aéroport de Gibraltar. C’est assez drôle ! Cette piste a été construite en 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale. Juste après cette piste, nous arrivons dans la circulation et nous sommes surpris de voir que la conduite reste à droite et non à gauche. Du coup, cela fait un peu bizarre de voir des véhicules anglais avec le volant à gauche !




Pour commencer, nous arrivons à la Grand Casemates Square dont les bâtiments, au 18e siècle, servaient à loger les soldats, stocker des munitions et protéger l’artillerie. Cette zone a même servi de prison militaire pour les soldats indisciplinés ou des prisonniers. Aujourd’hui, c’est un lieu de rassemblements où l’on trouve des restaurants, des cafés et des boutiques.


Nous empruntons ensuite une ruelle pour nous rendre au Northern Defences. Ce sont les fortifications situées au nord du Rocher de Gibraltar, là où toute attaque terrestre était la plus probable. Au fil des siècles, Maures, Espagnols puis Britanniques ont renforcé ces murs, creusé des tunnels et installé des canons, notamment pendant le Grand Siège et la Seconde Guerre mondiale.
Les quelques tunnels qui étaient encore accessibles gratuitement il y a quelques mois sont désormais fermés… dommage ! Ce lieu nous offre quand même un joli cadre pour pique-niquer sous le soleil avant de reprendre notre visite.



Nous allons ensuite nous perdre dans les petites ruelles de Gibraltar. Ça monte, ça descend, il y a plein d’escaliers, mais c’est vraiment chouette. Nous passons près de l’église du Sacré Cœur qui, malheureusement, est fermée pour travaux. Cette église, de style néo-gothique, a été construite à la fin du 19e siècle. Et c’est une vraie église catholique, car même si Gibraltar est britannique, elle est historiquement catholique à cause de son héritage espagnol et méditerranéen. L’église est devenue cathédrale en 1910, quand le diocèse de Gibraltar est officiellement créé.










Au détour des ruelles, nous découvrons les Union Jack Steps. Cet escalier est peint reprenant le motif du drapeau du Royaume-Uni. Il y a des inscriptions « E2R » qui signifient » Elizabeth II Regina. Pendant tout le règne d’Elizabeth II (1952–2022), ce monogramme royal était utilisé un peu partout dans le Commonwealth. Depuis le règne de Charles III, le monogramme devient « C3R », c’est-à-dire Charles III Rex.



Nous redescendons sur la fameuse Main Street. Un petit bout d’Angleterre sous les palmiers où l’on peut voir des cabines téléphoniques rouges, des boîtes aux lettres britanniques, des pubs et des enseignes anglaises.
On y découvre aussi la cathédrale St Mary the Crowned (« Sainte Marie la Couronnée »). Avant d’être une cathédrale, ce bâtiment était une mosquée, construite à l’époque musulmane (probablement au 14e siècle). Quand Gibraltar est repris par les Espagnols en 1462, la mosquée est transformée en église catholique.









Nous continuons notre balade en allant au cimetière de Trafalgar, lié à la célèbre de Trafalgar. La cadre de ce petit cimetière est vraiment joli. Entourées de palmiers et de plantes exotiques, les pierres tombales, anciennes avec des inscriptions du 19e siècle, reposent paisiblement.




Bon, les enfants commencent à nous dire qu’ils sont fatigués et qu’ils ont mal aux jambes… Aux grands maux, les grands remèdes : nous décidons de prendre le bus pour nous rendre au sud du rocher.
Nous passons d’abord par les jardins botaniques pour rejoindre la station de bus. Ces jardins ont été créés en 1816 par un gouverneur britannique qui voulait offrir de l’ombre aux soldats qui souffraient du climat chaud et sec.





Pour nous, ces jardins ne sont vraiment qu’un passage, car le bus arrive dans 9 minutes et sinon, il faut attendre 1h. Les enfants sont très motivés pour se dépêcher ! Après moins de 5 minutes d’attente, le bus arrive. Et c’est parti pour Europa Point, le point où la Méditerranée rencontre l’Atlantique.
On a de la chance avec le temps car nous pouvons voir les montagnes marocaines juste en face ! Nous découvrons aussi le phare qui a été construit en 1841 et qui guide les navires à traverser l’un des passages maritimes les plus fréquentés au monde. Il y a aussi la mosquée Ibrahim-al-Ibrahim construite en 1997 avec le soutien du roi d’Arabie saoudite. Les enfants profitent d’être ici pour faire une pause dans l’aire de jeux en attendant le prochain bus qui nous ramène dans la Main Street.



Une fois arrivé, il est temps pour nous de prendre une pause Tea Time. Une pause comme on les aime. Quand on visite une ville, nous aimons toujours trouver un salon de thé pour nous offrir une pause gourmande. Cela faisait longtemps que nous ne l’avions pas fait et cela nous avait tellement manqué. Nous nous arrêtons donc au Gibraltar Tea Company et nous nous offrons du thé Earl Grey avec des scones, ces petits pains ronds, légèrement sucrés. Un délice ! Et nous avons une chance de fou, puisque le salon de thé propose toutes ces pâtisseries en version avec ou sans gluten. Yannick peut donc lui aussi profiter pleinement de cette pause so british !




Et voici comment se termine cette magnifique journée ! Gibraltar nous aura offert une journée pleine de contrastes, entre histoire, ruelles britanniques et paysages qui nous font voyager entre deux continents. C’est une escapade que l’on gardera longtemps en mémoire, simple et intense, comme on les aime sur la route.





