Nous t’avons laissé à la frontière entre l’Ouzbékistan et le Kazakhstan ! Et nous voici à nouveau dans ce pays pour découvrir la région du Manguistaou.

Cette région est particulièrement connue pour ses paysages désertiques spectaculaires, ses canyons, ses formations rocheuses uniques, ainsi que pour son histoire liée à la route de la soie et ses richesses en pétrole. Beaucoup de voyageurs nous en ont dit beaucoup de bien (pour certains, c’est même un coup de cœur). Bon, nous avons décider de pas suivre les pistes du Manguistaou (à part une ou deux), car nous avons toujours notre problème de jante et nous ne voulons pas prendre de risque inutile.

Pour commencer, nous filons à la première ville, Beïneou. Et quel plaisir de retrouver les belles routes kazakhs ! Nous nous garons sur le parking de la mosquée et allons manger une pizza. La nuit n’est pas si calme que ça… Il y a beaucoup de bruit et de circulation.

Le lendemain, on cherche un ATM pour retirer de l’argent, on fait quelques courses, le plein de carburant, puis on file vers le Manguistaou ! Ah, j’ai oublié de te dire, nous sommes toujours avec les copains Malaisiens et Hong-Kongais. Ils nous suivent depuis Boukhara.

Pour notre première nuit nature dans cette région du Kazakhstan, nous décidons de nous arrêter dans les steppes du Manguistaou. On emprunte une piste (et on fait bien attention !) jusqu’à trouver une place calme. Nous avons même le plaisir d’avoir la visite de chouettes visiteurs : des dromadaires ! On profite de la douceur de la soirée pour dîner dehors. C’est alors l’occasion pour nous de préparer une ratatouille pour faire goûter cette spécialité à nos amis. Succès unanime !!!

Le lendemain, nous reprenons la route un peu plus vers l’ouest du Manguistaou. Et nous allons découvrir la vallée de Torysh. Pour atteindre le point où nous voulons aller, nous parcourons plus de 10km de piste (je te promets que nous faisons attention !).

La particularité de cette vallée réside dans ses roches sphériques, de tailles variées, allant de quelques centimètres à plusieurs mètres de diamètre. Ces sphères sont éparpillées dans le paysage désertique, donnant l’impression qu’elles ont été déposées par une force mystérieuse. Certaines sont parfaitement rondes, tandis que d’autres sont légèrement aplaties ou craquelées. L’origine exacte de ces formations rocheuses est encore débattue par les géologues.

Selon certaines histoires, les sphères seraient les restes pétrifiés d’anciennes batailles entre des guerriers légendaires ou même des dieux. D’autres légendes racontent que ces sphères seraient des œufs de dragons ou des pierres laissées par des créatures mythiques. On adore ces légendes !!!

Quant à nous, on s’imagine plein de choses. Parmi elles : les œufs de dinosaures (oui, nous aussi), les golems de la Reine des Neiges, des météorites. Et je crois que celle qui nous a fait le plus rire (et je tiens à préciser que cela vient de Yannick) : dans une grande bataille face à de gigantesques golems, un preux chevalier a sectionné de son épée les testicules des créatures et les a déposées dans son immense jardin comme trophées de guerre. Voilà… Bon, je ne sais pas ce que tu vas en penser, en tout cas cela nous a beaucoup fait rire !!!

Après une nuit très calme, nous reprenons la piste sur laquelle nous croisons la route des dromadaires. Nous roulons jusqu’à Aktau pour voir la mer Caspienne. Cela fait 9 mois que nous n’avons pas vu une mer, et c’est chouette de pouvoir en profiter ! (La dernière fois, nous étions à Koh Chang en Thaïlande !). Évidemment, les enfants et Yannick n’ont pas attendu très longtemps pour enfiler leur maillot de bain et profiter d’une bonne baignade ! Bon, nous décidons de ne pas rester ici pour la nuit, car le parking se trouve juste à côté d’une route très passante. Nous partons avec Cyrus, nos copains Malaisiens préférant repartir vers Beïneou. Alors, nous allons poser au milieu de la steppe pour passer une nuit très paisible !

Le lendemain, nous quittons notre spot pour une longue journée de route. En effet, nous partons vers le sud-est du Manguistaou. Sur la route, nous découvrons des paysages désertiques qui ne nous charment pas vraiment. Nous faisons toute cette route pour découvrir la mosquée souterraine de Beket-Ata, l’un des sites religieux les plus sacrés du Kazakhstan.

Beket-Ata était un érudit soufi, philosophe et guérisseur, très respecté au Kazakhstan. Il est considéré comme un saint par beaucoup et est vénéré pour ses enseignements spirituels et ses pouvoirs de guérison. Beket-Ata a fondé plusieurs mosquées dans la région de Manguistaou, mais celle de Beket-Ata est la plus célèbre. On raconte qu’il a choisi ce lieu pour sa dernière demeure et qu’il y a passé ses dernières années à enseigner et à prier dans cette mosquée souterraine.

Nous arrivons sur place dans l’après-midi et partons tout de suite visiter ce lieu. Nous descendons un grand escalier pour l’atteindre (la remontée est un peu dure…). La mosquée est littéralement creusée dans une colline rocheuse. Les salles de prière sont des grottes creusées dans la roche. L’intérieur est modeste, avec des pièces où les pèlerins peuvent prier et méditer dans une atmosphère paisible et retirée.

En revenant en haut des escaliers, nous profitons de l’accueil de la mosquée. Sur place, nous sommes ainsi accueillis avec une grande table sur laquelle sont offerts du thé au lait, des petits gâteaux et quelques sucrerie. On a vraiment savouré ce moment de quiétude. Et en plus (mais chut, il ne faut pas le dire), nous étions seuls Yannick et moi, les enfants ayant rejoint Ookami avec Cyrus.

Nous restons sur le parking pour la nuit. Le vent est de la partie et il souffle si fort que nous sommes littéralement balancés dans Ookami ! Toute la nuit !!! Je ne te raconte pas mes sensations ayant le mal de mer … Au petit matin, le vent ne s’est pas calmé, alors nous décidons de partir un peu tôt. Les plus heureux sont les enfants qui s’éclatent dehors et jouent les oiseaux !

Cette journée de route n’est pas passionnante ! En effet, la route au milieu des steppes est longue et monotone… heureusement qu’elle est en très bon état. Après plus de 250km, nous décidons de nous arrêter au hasard pour la nuit.

Nos journées se résument un peu à travail-route … Pas super passionnant !!! Après deux jours de route, nous rejoignons enfin Beïneou, la ville où nous sommes arrivés le premier jour. Pour la nuit, nous nous arrêtons au milieu de nul part. Bon, les jours se suivent et se ressemblent … Réveil, travail (un peu), route (beaucoup trop), dodo. C’est presque comme métro, boulot, dodo. Et cette nouvelle journée n’échappera pas à la règle…

Le lendemain nous reprenons la route, et cette fois, nous quittons la région du Manguistaou. Elle nous aura offert de chouettes découvertes, mais elle n’aura pas été un coup de cœur ! C’est comme ça, et c’est ok. Nous nous arrêtons à Koulsary, au bord d’un petit étang, pour la nuit. Et comme il est tôt, nous en profitons pour laver notre linge.

Le lendemain, après une matinée travail, nous passons par un petit garage pour qu’il installe une chambre à air dans notre roue qui a encore fait des siennes. Nous devrions être tranquilles jusqu’à la Géorgie ! (Tu as vu, je ne dis plus la Turquie !). Allez, on reprend la route. Direction Atyrau !

Après plusieurs heures sur les routes kazakhes toujours longues et monotones (mais en superbe état !), nous arrivons à Atyrau en fin d’après-midi. Et nous nous garons sur le parking d’un parc. Nous y retrouvons des voyageurs roumains (que nous avions rencontrés à Samarcande) et des voyageurs espagnols (que nous avions aperçus à Boukhara). Nous en profitons pour discuter.

Pour notre dîner, nous allons manger une pizza pour le plus grand plaisir des enfant. En revenant au camion, le parc est très animé. La musique à fond. On se croirait en boîte de nuit ! C’est assez drôle de voir toute cette ambiance. Finalement, la musique s’éteint avant minuit et la nuit est très calme. Dimanche, nous décidons de rester sur place. Une journée sans conduire, cela fait du bien. Et puis, nous sommes juste à côté d’un skate park. Le bonheur de Maïa et Liam ! On en profite aussi pour travailler (toute la journée) et avancer sur nos projets pros.

Nous quittons Atyrau lundi en début d’après-midi et partons en direction de la frontière. Et pour une fois, nous ne vérifions pas le trajet que nous prévoit le GPS… Et donc, nous avons le droit à 50km de route supplémentaire. Mais pas n’importe quelle route : une piste bien pourrie !!! C’est assez rageant, mais nous positivons. Bon, nous n’avons pas trouvé grand chose de positif (les paysages étant assez laids), mais nous avons beaucoup ri et avons pu parler de plein de choses sur nos projets à venir.

Pour la nuit, nous avons fait le choix de dormir dans un espèce de camp qui accueille les chauffeurs de poids-lourds. Et pour moins de 2€, nous pouvons profiter des douches chaudes. Le bonheur !!! C’est dans ces moments-là, que nous pouvons affirmer que la seule chose qui nous manque dans notre vie nomade, c’est une bonne douche bien chaude !

Le lendemain, nous reprenons la route pour rejoindre la frontière. Mais nous ne voulons pas passer dans l’après-midi. Alors, nous trouvons un petit spot près d’une petite rivière à 15 minutes de la frontière.

À 9h00, nous sommes au poste frontière. Et en moins de deux heures, nous sortons du Kazakhstan pour entrer en Russie. Voilà ce qui arrive quand je ne me trompe pas de file !!!