Nous avons quitté la belle Samarcande pour découvrir la cité de Boukhara.

Mais avant, nous nous offrons une pause de deux nuits près de la mosquée de Shar-Bakr. Nous y trouvons calme et sérénité pour un week-end ! Cela nous fait un bien fou !!! Nous prenons vraiment le temps pour travailler et surtout passer du temps de qualité avec les enfants.

Et notre ami hong-kongais Cyrus nous rejoint. Cyrus, nous l’avons rencontré à la frontière entre la Mongolie et la Russie. son amis Lem l’accompagne. Nous avons partagé tous ensemble une nuit dans une yourte… Sacré souvenir que je te repartage ici : Notre épopée à la frontière entre la Mongolie et la Russie.

Lundi, nous partons découvrir Boukhara. Nous nous arrêtons pour deux nuits au pied de la forteresse de la ville. Le spot parfait pour prendre le temps de visiter cette cité.

Nous commençons par déambuler dans les rues de la ville. Nous découvrons la tour et la medresa Kalon que nous visiterons plus tard. Et nous allons d’abord nous perdre dans la coupoles des marchands. Il y a plein de petits vendeurs de souvenirs : vêtements, instruments de musique, tapis, épices. Il y en a pour tout le monde.

Et puis nous nous offrons une pause dans un petit salon de thé : le Silk Road Teahouse. Nous choisissons un thé et celui-ci est accompagné de douceurs sucrés avec des pistaches, du sésame ou encore des noix. Un vrai plaisir !

Nous poursuivons ensuite notre promenade dans la ville, sans chercher à faire de visite. Juste le plaisir d’admirer.

Dans la soirée, pendant que nous préparons le dîner, notre bouteille de gaz déclare forfait ! Plus de gaz… tant pis ! Nous avons juste eu le temps de faire chauffer notre repas. On verra demain !

Le lendemain, après une nuit très calme, nous nous lançons dans les visites des différents monuments de la cité.

Nous commençons d’abord par la forteresse de l’Ark. Ce complexe fortifié, qui date de plusieurs millénaires, a été le centre politique, religieux et militaire de la ville pendant des siècles. Dominant la ville de Boukhara, l’Ark a été la résidence des émirs de Boukhara jusqu’à l’invasion russe au 19ème siècle. Nous prenons le temps de nous balader dans les parties restaurées de la forteresse. Parmi elles, il y a les palais, les salles de réception, et les sections de la muraille.

Nous visitons également plusieurs petits musées qui racontent l’histoire de Boukhara, la dynastie des émirs, et la vie quotidienne à l’intérieur de la forteresse. Les expositions incluent des objets historiques, des armes, des manuscrits et des œuvres d’art.

Nous allons ensuite découvrir la mosquée Bolo-Haouz. Elle a été construite au début du 18ème siècle, se distingue par son architecture élégante et ses magnifiques colonnes en bois sculpté. Son nom, Bolo Haouz, signifie « au-dessus du bassin » en référence au bassin d’eau (haouz) qui se trouve devant la mosquée. Ce bassin faisait partie des systèmes traditionnels de gestion de l’eau de Boukhara, utilisé pour l’irrigation et les ablutions rituelles avant la prière.
Le porche couvert, ou iwan, est l’une des caractéristiques les plus frappantes de la mosquée. Il est soutenu par vingt colonnes en bois finement sculptées, qui s’élèvent vers un plafond magnifiquement peint. Les colonnes ont des bases et des chapiteaux complexes, et chacune est décorée de motifs géométriques et floraux. Ces colonnes en bois, d’une hauteur impressionnante, donnent à l’entrée de la mosquée un aspect aérien et élégant.
Nous entrons ensuite à l’intérieur de la mosquée pour la découvrir. Et nous sommes accueillis d’une drôle de manière : un homme nous exige (oui, oui, j’ai utilisé le bon mot !) une donation. Bon, c’est quelque chose que nous avons l’habitude de faire, mais de l’exiger ainsi, cela ne nous plaît pas du tout ! Quant aux visiteurs qui ne veulent pas donner d’argent, ils sont tout de suite expédiés à l’extérieur.

C’est l’heure de déjeuner ! Nous allons au restaurant « Art Restaurant » où nous avons la possibilité de goûter des plats locaux en version végétale (et on les aime ces restaurants !. Au menu : lagman et narin.

Après le déjeuner, nous repartons découvrir les trésors de Boukhara. Sur le chemin, nous voyons une statue à l’effigie de Nasreddin ?…? Est-ce que tu connais ce personnage ? Nasreddin Hodja est un personnage légendaire, célèbre dans de nombreuses cultures, notamment en Turquie, en Ouzbékistan, en Iran, et dans tout le monde musulman. Les récits le décrivent comme un homme sage, mais ses histoires sont pleines d’humour, de malice, et de leçons de vie. Les contes de Nasreddin sont des anecdotes qui mêlent humour, ironie et sagesse populaire, souvent à travers des situations absurdes mais riches en enseignements.

Allez, je te raconte mon histoire préférée : L’Âne Perdu
Nasreddin Hodja se promenait dans le village en criant : « Dieu merci, Dieu merci ! »
Les villageois lui demandèrent : « Pourquoi es-tu si heureux, Nasreddin ? »
Il répondit : « J’ai perdu mon âne. »
Interloqués, ils lui demandèrent : « Mais pourquoi remercies-tu Dieu si tu as perdu ton âne ? »
Nasreddin répondit : « Parce que j’étais dessus au moment où je l’ai perdu. Heureusement, je suis toujours là ! »

Nous souhaitons aller à la medresa Mir-i-Arab. La medersa, ou école religieuse, qui fait face à la mosquée Kalyan, est un autre élément clé du complexe Poi Kalyan. Ensemble, ces monuments forment le centre religieux de la ville et témoignent de l’importance de Boukhara en tant que centre de l’islam et de l’apprentissage. Malheureusement, nous ne pouvons pas entrer à l’intérieur, car elle est toujours en activité et n’accueille que les étudiants.

Tant pis, nous allons juste en face pour voir la mosquée Kalon et son minaret. La mosquée Kalon, l’une des plus grandes mosquées d’Asie centrale.

La minaret quant à lui mesure 45,6 mètres de hauteur, ce qui en fait l’un des plus hauts de son époque. Sa base fait environ 9 mètres de diamètre, et elle se rétrécit légèrement au sommet, atteignant un diamètre de 6 mètres à la galerie.
La fonction première du minaret de Kalyan était d’appeler les fidèles à la prière. Grâce à sa hauteur imposante, toute la ville pouvait entendre la voix du muezzin.
En plus de son rôle religieux, le minaret servait de tour de guet pour surveiller les alentours et comme repère pour les caravanes voyageant à travers le désert. Il était visible de loin, guidant les voyageurs vers la ville.
Le minaret est également tristement surnommé la « Tour de la Mort » car, à certaines époques, les criminels condamnés étaient exécutés en étant jetés du haut du minaret.

Il existe aussi une légende selon laquelle le minaret de Kalyan a été béni pour résister à toutes les catastrophes. Malgré les tremblements de terre et les invasions, il a survécu presque intact pendant près de 900 ans, ce qui renforce son image de force et de durabilité.
Une autre légende raconte que Tamerlan (Timour), après avoir conquis Boukhara, fut si impressionné par le minaret qu’il ordonna qu’il ne soit pas détruit. Il aurait dit que même les plus grands conquérants devaient respecter une telle beauté architecturale.

Après cette journée de visite, nous partons enfin à la recherche d’une boutique pour acheter une bouteille de gaz. Cela s’avère plus difficile que prévu. En effet, même au grand bazar, il n’y a rien et personne ne nous trouve de solution. Nous finissons par retourner sur le parking de la mosquée Shar-Bakr où nous avions passé le week-end. Et sur le chemin, nous nous arrêtons à la petite épicerie voisine. Yannick va alors voir le propriétaire qui lui donne une localisation sur la carte. Super ! Bon, il est trop tard, alors nous décidons d’aller dîner dans un restaurant indien.

Nous retournons sur le parking de la mosquée Shar-Bakr pour la nuit. Et le lendemain matin, Yannick part avec Cyrus pour cette mission bouteille de gaz. L’adresse est la bonne. Yannick trouve enfin notre bonheur. Il trouve donc une bouteille semblable aux bouteilles GPL installées sur les véhicules. Cela fera très bien l’affaire.

Nous profitons aussi de cette journée pour faire une pause. Cela nous permet ainsi de travailler et de prendre une bonne douche chaude à la mosquée voisine. Dans la journée, nos amis malaisiens nous rejoignent. Nous ne les avions pas vu depuis Almaty et c’est chouette de les revoir.

Le lendemain, nous reprenons la route avec notre ami Cyrus et nos amis Malaisiens. Direction Khiva.