Après avoir découvert Khiva, nous partons en direction de la mer d’Aral. Mais avant, nous souhaitons découvrir quelques lieux qui se trouvent sur notre chemin.

Nous commençons par faire une petite pause pour la nuit à Topraq Kala, un site archéologique important. Il s’agit des ruines d’une ancienne forteresse et capitale du royaume de Khorezm, qui a prospéré entre le 1er et le 6ème siècle de notre ère. Elle servait non seulement de résidence pour les souverains du royaume de Khorezm, mais aussi de centre religieux et culturel. Le site comportait des palais, des temples et des bâtiments publics qui témoignent du développement et de la richesse de la civilisation khorezmienne.

Le site a été abandonné autour du 6ème siècle, probablement en raison de l’épuisement des ressources en eau et de l’effondrement du royaume de Khorezm sous la pression de conquêtes extérieures, notamment par les Huns. La région a ensuite subi une désertification croissante, ce qui a contribué à l’abandon du site.

Nous prenons le temps de nous promener dans les ruines de cette ancienne cité et d’imaginer tout ce qui doit rester caché sous nos pieds.

Après une nuit très calme, nous reprenons la route pour rejoindre Noukous. Là-bas, nous voulons visiter le Musée Igor Savitsky. Ce musée est surtout célèbre pour sa collection exceptionnelle d’art avant-gardiste russe et d’art ethnographique des peuples de l’Asie centrale. Il est souvent appelé le « Louvre du désert », en raison de l’ampleur et de l’importance de ses collections. Bon, pas de chance. Nous sommes lundi et nous tombons sur les portes du musée fermées. Nous allons alors au Cinnamon Café situé juste en face. Latte, café, chocolat chaud et pâtisserie nous consolent.

Après Noukous, nous nous arrêtons à la forteresse de Gyaur-Kala. Elle daterait du 4ème siècle avant notre ère et a prospéré pendant plusieurs siècles. Elle fait partie des nombreuses forteresses anciennes disséminées dans le désert de l’Amou Darya, qui portera aussi le nom de Khorezm. C’était une structure militaire conçue pour protéger les populations locales des envahisseurs. Elle servait à surveiller les routes commerciales traversant le désert de Karakum et à défendre les zones agricoles de l’Amou Darya. Gyaur-Kala a été progressivement abandonnée au cours des siècles, notamment après l’arrivée de l’islam et les conquêtes qui ont modifié les dynamiques politiques et économiques de Khorezm. Bien que les murs de la forteresse soient en grande partie en ruine, on peut encore s’imaginer à quoi il pouvait ressembler à sa belle époque.

Nous ne pouvions pas venir en Ouzbékistan sans passer par la mer d’Aral, ou du moins ce qu’il en reste. Alors, nous allons jusqu’à Moynak. Avant d’aller voir le site, nous trouvons un spot pour la nuit. Et ce soir, c’est la pleine lune et Yannick se lance dans la capture photographique de l’astre. Le résultat est plutôt chouette pour une première.

Le lendemain, nous allons découvrir le site. Bon, avant, nous devons regonfler notre pneu arrière, encore dégonflé. Heureusement que nous avons un compresseur ! Le pneu regonflé, nous allons sur le site.

Allez, je te raconte l’histoire de la mer d’Aral :

La mer d’Aral est l’un des exemples les plus tragiques de catastrophe écologique provoquée par l’homme. Autrefois l’un des plus grands lacs du monde, la mer d’Aral, située entre le Kazakhstan au nord et l’Ouzbékistan au sud, a presque complètement disparu en raison des projets d’irrigation soviétiques au 20ème siècle.

C’est dans les années 1960, sous l’ère soviétique donc, qu’un vaste projet d’irrigation a été mis en place pour développer l’agriculture intensive, en particulier la culture du coton, dans les régions arides du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan. Pour cela, l’eau des rivières Amou Darya et Syr Darya a été détournée massivement vers les champs de coton et d’autres cultures. Ce projet a marqué le début de la lente disparition de la mer d’Aral.

En quelques décennies, la mer d’Aral a commencé à se rétrécir à une vitesse alarmante. Dès les années 1980, la mer avait perdu plus de 60 % de son volume, et plusieurs de ses ports sont devenus des villes fantômes, à des dizaines de kilomètres de la côte. En 2000, la mer d’Aral était divisée en deux parties : la petite mer d’Aral au nord, et la grande mer d’Aral au sud. La partie sud a continué de s’assécher presque entièrement.

La réduction de la mer d’Aral a eu des conséquences dramatiques non seulement sur l’environnement, mais aussi sur les habitants de la région. Les tempêtes de sable ont entraîné la propagation de sel et de produits chimiques toxiques issus des anciennes zones agricoles, provoquant de graves problèmes de santé chez les populations locales, comme des maladies respiratoires et des cancers. L’écosystème aquatique a également été gravement perturbé, entraînant la disparition de nombreuses espèces de poissons et mettant fin à l’industrie de la pêche.

Sur le site, nous découvrons des bateaux tous rouillés, témoins de cette triste histoire. Nous marchons parmi eux, les pieds dans le sable qui autrefois était la mer. C’est un choc de voir à quel point cette mer a presque disparu, victime d’une catastrophe écologique majeure causée par l’Homme. C’est un rappel brutal de l’impact de l’humain sur la nature et de l’importance de prendre soin de notre planète.

Après cette visite, nous quittons Munyaq pour rejoindre la ville de Adabiyat où nous nous arrêtons dans un garage. Les réparations que nous avions faites en Mongolie ont bien souffert de la Pamir. Après une jante à la fin du Tadjikistan, c’est ici qu’une deuxième nous cause des ennuis. Nous allons donc faire faire de nouvelles soudures. On croise les doigts pour que cela tienne jusqu’en Turquie !

Après une nuit sur le parking de la mosquée du village, nous nous lançons dans une grosse journée de route pour parcourir les 338km qui nous séparent de la frontière kazakhe.

La route est vraiment très très mauvaise, mais nous faisons les filous (bon, comme certains locaux) et nous réussissons à récupérer la nouvelle route en cours de construction sur les 100 derniers kilomètres. Nous avons gagné tellement de temps !!! Nous arrivons à la frontière tard, mais nous y sommes ! Le lendemain matin, nous nous préparons à traverser.

Allez, je te raconte cette traversée de frontière quelque peu… longue !

Il est 9h20 quand nous commençons à faire la queue à la frontière. À 12h00, nous entrons dans le poste frontière. Je vais au guichet donner mon passeport, la carte grise d’Ookami et un petit papier avec mon nom, mon prénom, ainsi que la marque et l’immatriculation du véhicule. Puis, l’agent me demande d’attendre au véhicule…. Et pendant ce temps, Yannick et les enfants ont déjà fait tamponner leurs passeports et m’attendent. À 13h00, ils nous font enfin avancer et vérifie le véhicule. Puis je fais tamponner mon passeport. À 13h15, nous sortons de l’Ouzbékistan.

Nous sommes aux portes de la frontière kazakh. Mais évidemment, tout ne se passe pas comme prévu. Je me trompe de file et on se retrouve derrière les camions… Et là, nous allons faire preuve de beaucoup de patience. Parce que forcément, notre file n’est pas prioritaire ! C’est la première fois que cela m’arrive. Et remarque, je m’en souviendrai pour les prochains passages. Il est 16h30 quand nous avançons enfin. Nous allons dans un bureau pour le contrôle de nos passeports. Quand un agent arrive et nous informe que le système informatique a planté… Pas de commentaire ! Nous attendons une heure pour que le système soit rétabli pour tamponner nos passeports et enregistrer le véhicule. À 18h00, nous pouvons enfin dire « Welcome in Kazakhstan! ». Nous n’aurons jamais passé autant de temps à une frontière !!!