Nous quittons notre joli spot en pleine nature de Los Barruecos. Vraiment, cette parenthèse nous a fait un bien fou. Nous sommes ressourcés, reposés, prêts pour de nouvelles découvertes !

Bon, il y a une chose qui commence à devenir urgent : faire le plein d’eau. Mais pas de panique, l’Espagne est vraiment super bien équipée pour les campervan ! Nous filons donc jusqu’à Talavera de la Reina où il y a une aire qui va nous permettre de remplir et de vider. Elle se trouve dans une zone commerciale, ce qui va nous permettre de faire aussi le plein de nos placards et du frigo. On en profite aussi pour passer chez Décathlon afin de racheter des chaussures de marche pour Luna, Liam et Yannick (les pieds ont grandi … Enfin pas ceux de Yannick !). Notre première nuit ici est super calme. Mais vraiment. À tel point que nous décidons de rester deux nuits de plus. Surtout que nous avons du travail et cela nous permet d’avancer avec la suite. 

Nous sommes dimanche matin, et nous décidons de prendre la route aujourd’hui en pensant qu’il y aura moins de monde, et surtout pas de poids lourd. Et nous avons bien fait, car la route jusqu’à Tolède se passe tout en douceur ! Après une bonne heure de route, nous arrivons et nous nous garons sur un immense parking qui va nous accueillir pour deux nuits. 

Après avoir déjeuné, nous travaillons encore un peu. Mais fait insolite, nous avons le droit à un entraînement pour la procession de la semaine Sainte. Ainsi, nous pouvons voir des femmes et des hommes qui porte une immense plateforme (sur laquelle sera positionnée la croix du Christ), suivis d’une fanfare constituée de femmes, d’hommes, d’enfants, de jeunes et de moins jeunes. C’était vraiment chouette. 

Après le goûter, nous partons faire une petite balade à pied entre nature et petits quartiers résidentiels. 4,6 kilomètres de marche qui nous fait un bien fou !

Et puis… Tolède, la ville où l’on remonte le temps

Lundi, nous partons pour la visite de Tolède. Nous prenons le bus qui nous amène juste au pied du monastère de San Juan de los Reyes. Mais avant d’entrer à l’intérieur, nous observons la façade. En effet, il y a des chaînes accrochées à la pierre. Elles représentent les chrétiens libérés des prisons musulmanes après la Reconquista.

Ce monastère a été commandé par les fameux Rois Catholiques Isabelle I de Castille et Ferdinand II d’Aragon. Il devait célébrer leur victoire à la Battle of Toro et la naissance de leur fils. À l’origine, ils voulaient même en faire leur lieu de sépulture, mais ils ont finalement choisi Grenade.

À l’intérieur, nous découvrons le cloître qui est probablement l’endroit le plus apaisant avec son jardin central et ses arcs sculptés. Dans ce cloître, nous découvrons une drôle de porte qui est en biais. Un mystère que nous n’avons pas réussi à résoudre. Et puis, il y a l’église. Immense avec son plafond très haut et ses voûtes gothiques impressionnantes. On s’amuse à monter sur le balcon royal pour admirer la vue d’en haut. 

Après cette chouette visite, nous partons marcher dans l’ancien quartier juif de la ville. Nous passons près de la synagogue Santa Maria la Blanca, et surtout nous nous perdons dans les petites ruelles.

On y découvre entre autres que Tolède est réputée pour fabriquer certaines des meilleures épées du monde. Déjà à l’époque romaine, les épées de Tolède étaient célèbres. Les soldats romains utilisaient des armes fabriquées ici pour leur qualité exceptionnelle. On dit même que certaines légions préféraient les lames de Tolède aux autres. Puis, au Moyen Âge, Tolède devient la référence en Europe. Chevaliers, armées, nobles, tous veulent une épée de Tolède. Certaines étaient même offertes comme cadeaux royaux. Et aujourd’hui, cette tradition existe encore. Beaucoup d’épées utilisées dans des films et séries ont été fabriquées à Tolède. En marchant dans les rues, nous croisons ainsi plein de petites boutiques qui vendent ces fameuses épées. 

Nous nous dirigeons ensuite vers l’Alcazar de Tolède. En chemin, nous passons près de La Mosquée Bab al-Mardum. Construite en 999, à l’époque où Tolède était sous domination musulmane, c’est l’une des rares mosquées encore conservées en Espagne presque dans son état d’origine. Quand Tolède est reconquise par les chrétiens en 1085, la mosquée est transformée en église. Elle prend alors le nom de Cristo de la Luz. Et une légende entoure ce lieu. On raconte en effet que lors de l’entrée du roi chrétien dans Tolède, son cheval se serait agenouillé devant la mosquée. Intrigué, il aurait fait fouiller le mur et on y aurait découvert une image du Christ cachée depuis des siècles, encore éclairée par une lampe. D’où le nom Cristo de la Luz (le Christ de la Lumière).

Puis, dans une petite rue, nous découvrons une toute petite ouverture dans un mur. Comme une petite fenêtre. Il s’agit en réalité d’une petite ouverture d’aération qui servait à laisser passer un peu d’air dans des pièces fermées, ventiler des caves ou des espaces intérieurs, parfois laisser passer un minimum de lumière ou même surveiller discrètement l’extérieur (pratique pour jouer les curieux discret).

Il est alors temps pour nous de goûter la spécialité de Tolède : le mazapán. Une confiserie traditionnelle à base de poudre d’amandes et de sucre. Et pour les goûter, nous décidons de nous rendre dans l’une des meilleures confiseries de la ville : Santo Tomé. Verdict ? Les enfants ne sont pas fans, mais nous on adore !!! Cela me rappelle des petites gourmandises que je mangeais quand j’étais enfant. 

Nous poursuivons notre balade dans les rues en longeant l’Alcazar qui, nous trouvons, à une architecture un peu particulière. En tout cas, vraiment différente de ce que nous avons pu voir dans les autres villes. Et en effet, pendant la guerre civile espagnole de 1936, le bâtiment a été presque entièrement détruit. Il fut reconstruit après 1939 avec beaucoup de sobriété. Le petit parc au pied de l’Alcazar (d’ailleurs, nous trouvons pour la première fois qu’il n’y a vraiment pas beaucoup d’espaces verts) nous offre une superbe vue sur la nature environnante avec le Tage qui coule juste en bas. 

Les enfants fatiguent. Il est l’heure de rentrer après 11 km de marche. Nous reprenons le bus qui nous ramène proche du parking où Yamato nous attend. 

Il n’est pas très tard quand nous sommes de retour. Nous décidons donc de prendre la route afin de nous garer après Madrid pour la nuit. Demain, nous partons pour les Bardenas Reales. On a beaucoup de route à faire et nous n’avons pas envie d’être bloqués par les embouteillages. 

Après une heure de route, nous trouvons un parking en terre battue dans une petite ville. Entre les immeubles d’un côté et la nature de l’autre, ce petit spot nous offre une petite balade en bord de rivière, mais aussi une nuit extrêmement calme.

Mais au petit matin, quand on ouvre les rideaux, on découvre que le parking s’est rempli. Vraiment. Genre pas moyen pour nous de circuler (parce qu’évidemment, nous nous sommes mis dans le fond !). Tant pis, on attend patiemment que cela se vide en faisant l’école et en travaillant un peu. On voit même trois bus qui viennent déposer et récupérer des personnes. Et c’est vers 10h30 que le parking se libère et nous permet à notre tour de reprendre la route. Direction les Bardenas Reales !