Quand Marc et Marie nous ont appelés cet hiver pour nous proposer de travailler avec eux au camping, j’avoue que sur le coup, on a eu un petit blanc. Tu sais, ce moment où tu regardes ton amoureux avec cet air qui dit “et si on réfléchissait très très fort avant de dire oui ?”
Parce qu’honnêtement… après plus de 6 ans à goûter à la liberté de la vie nomade, l’idée de se recaler sur des horaires fixes, de troquer nos journées à créer, écrire, rénover Yamato, contre des journées derrière un comptoir ou une caisse… ça piquait un peu.
Mais bon, on a pris le temps de peser le pour et le contre (et de finir la tablette de chocolat parce que ça aide à réfléchir).
La raison… a pris le dessus
L’accident en Turquie, les gros travaux pour Yamato, et un compte en banque qui tirait la tronche… autant te dire qu’on a vite compris qu’on ne pourrait pas payer les factures en échange de beaux récits de voyage et de cookies maison (dommage, hein ?).
Parce que oui, même si la liberté n’a pas de prix, l’essence, les matériaux pour le bus et le butter chicken vegan, eux, affichent des tarifs qui font moins rêver. Et franchement, quand on a fait nos comptes cet hiver, le verdict était clair : pour continuer à tracer la route demain, il fallait faire une pause aujourd’hui.
Alors, on a dit oui.
- Moi ? À la réception. Derrière le comptoir, à accueillir les vacanciers tout sourire (même quand je rêve d’un café bien serré après une nuit trop courte). Ça me rappelle mes années en banque… sauf qu’ici, les clients arrivent en tongs, sentent le monoï et râlent pour une prise électrique qui marche pas, pas pour 3 centimes d’agios. Quoique… certains ont quand même un niveau d’exigence olympique (le camping-car XXL qui ne rentre pas dans l’emplacement… oui, ça nous est arrivé !).
- Yannick ? Au bar/snack. Après dix ans dans l’hôtellerie-restauration, il n’a rien perdu : le coup de poignet pour tirer une bière parfaite, la répartie avec les clients, et la capacité à sourire même quand le service chauffe plus que la plancha. Bref, le snack est entre de bonnes mains (et les burgers aussi).
On pourrait presque dire qu’on a retrouvé nos anciens nous… sauf qu’au fond, on sait que ce n’est qu’une étape, une parenthèse. Notre vraie place, elle est sur la route.
Le rythme ? Intense… et pas vraiment nous
Soyons francs : entre Wolfpack Edition qui tourne toujours en arrière-plan (parce que les sites web et les contenus ne se créent pas tout seuls), les journées bien remplies au camping, les travaux de Yamato qui avancent… doucement… et l’école des enfants (qui eux, gardent une énergie de feu H24), on est à deux doigts d’écrire un best-seller intitulé :
“Comment survivre à une saison estivale sans café intraveineux”.
Pour te donner une idée, nos journées ressemblent à une partie de Tetris géant : chaque heure est un bloc qu’on essaye d’imbriquer tant bien que mal. Sauf qu’ici, il n’y a pas de bouton “pause” quand la ligne est sur le point de s’effondrer.
Alors oui, on a levé le pied sur les travaux de Yamato. Oui, ça nous frustre un peu (ok… beaucoup). Parce qu’on rêvait d’avancer plus vite, de voir notre maison sur roues prendre forme. Mais on a dû accepter une vérité qui pique un peu : si on veut tenir jusqu’à la fin de l’été sans finir en position fœtale derrière le comptoir du snack, il faut ralentir.
Et tu sais quoi ? C’est peut-être pas plus mal. Parce qu’en acceptant de respirer, on savoure aussi plus les petites choses : les rires des enfants qui passent leurs journées entre copains, le chant des grenouilles au coucher du soleil, les quelques moments volés en famille autour d’une soirée cinéma improvisée.
C’est un rythme qui ne nous ressemble pas, mais on sait pourquoi on le fait. On garde les yeux rivés sur l’horizon, parce qu’on sait que chaque jour qui passe nous rapproche de notre vraie liberté : celle de repartir, de rouler, de vivre autrement.
Et les enfants dans tout ça ?
Eux… ils savourent. Et pas qu’un peu.
Vélo, baignades à gogo, dessins à rallonge, jeux sans fin avec leurs super copains du camping… On a l’impression qu’ils vivent leur meilleur été depuis longtemps. Du matin au soir, ils sont dehors, les joues rouges de soleil et les cheveux en bataille, inventant mille mondes, escaladant des montagnes imaginaires, et revenant le soir épuisés mais heureux (enfin… presque épuisés, il leur reste toujours un peu d’énergie pour réclamer une histoire ou un petit film).
Et nous, on les regarde. On les regarde grandir, s’épanouir, se construire des souvenirs d’enfance qui sentiront toujours le pain grillé du matin, les courses effrénées en vélo et l’eau douce de la Loire. Franchement, ça nous réchauffe le cœur.
Ça nous rappelle pourquoi on a choisi cette vie-là. Pas pour enchaîner les destinations façon check-list Instagram. Mais pour qu’ils vivent. Qu’ils expérimentent. Qu’ils profitent. Pour qu’ils aient des copains aux quatre coins du monde, qu’ils apprennent en observant, en touchant, en posant mille questions… et qu’ils comprennent que la vraie richesse, elle est là : dans les liens, dans les aventures, dans les moments partagés.
Une pause qui a du sens… mais la route nous appelle déjà
Alors oui, cette saison au camping, c’est une parenthèse. Une parenthèse bruyante, intense, parfois un peu épuisante, mais aussi remplie de rires d’enfants, de couchers de soleil volés entre deux services et de souvenirs qui auront l’odeur des frites et du chlore.
Est-ce que ça nous donne envie de poser nos valises pour de bon ? Pas une seconde. On savoure l’expérience, on apprécie le fait de renflouer les caisses et de remettre un peu d’air dans nos finances… mais dans nos cœurs, la route nous appelle. On sent déjà l’excitation grandir à l’idée de reprendre Yamato, de reprendre notre liberté, notre rythme, notre vie nomade.
Parce qu’au fond, cette pause nous confirme une chose : on n’est pas faits pour rester immobiles. Notre maison a des roues et nos rêves aussi. Et même si on sait pourquoi on est là aujourd’hui, on sait surtout qu’on ne va pas y rester.
Et toi ?
As-tu déjà fait une pause pour mieux repartir ? Ou envisagerais-tu de travailler quelques mois pour financer une grande aventure ? Viens nous raconter dans les commentaires… ou en tongs à la réception.





