Petite virée dans la région de Hatay

Petite virée dans la région de Hatay

Après 3 mois loin d’elle, nous retrouvons la mer Méditerranée ! Il est un peu tard quand nous arrivons sur notre spot, nous ne pouvons donc pas en profiter. Juste à côté de nous, une famille turque vient échanger avec nous et nous invite à venir chez elle le lendemain matin pour partager un kahvaltı.

Le lendemain, nous nous rendons donc chez Zahir et Aysun, et leurs enfants Firuze et Miraç. La table est chargée de plein de douceurs salées et sucrées, nous sommes confortablement installés sur la terrasse, à l’abri de la pluie, et après quelques minutes de timidité, les échanges sont lancés !

Zahir prend le temps de nous expliquer l’histoire de cette région de Turquie qu’est Hatay, et de sa capitale Antakya, qui a connu pas mal de rebondissements et cela même encore très récemment. En effet, Antakya n’a pas toujours été le nom de cette ville. Nous la connaissons plutôt sous le nom d’Antioche.

Après la Première Guerre Mondiale, l’armée française occupe le sandjak d’Alexandrette (province de Hatay aujourd’hui) dont Antioche fait partie, comme la Cilicie et la Syrie. La Société des Nations pense intégrer la région à la Syrie, elle-même placée sous le « Mandat pour la Syrie et le Liban », mais la population est turque est bien présente. La SDN décide alors de mettre en place un référendum. Mais la France ne veut pas se mettre la Turquie à dos. Ainsi, le gouvernement français de l’époque décide alors de laisser entrer l’armée turque dans la région en 1938 et recense alors le nombre d’électeurs. Et forcément, le nombre de Turcs est artificiellement gonflé par cet immigration et ils sont donc fortement majoritaires.

En 1939, le sandjak d’Alexandrette est donc laissé à la Turquie est devient la région d’Hatay. Quant à Antioche, la ville change de nom est devient Antakya. Aujourd’hui encore cet événement est source de discorde entre la Syrie et la Turquie… À qui la faute ?

Au-delà de ce cours sur l’histoire de la région, nos hôtes nous ont donné plein de conseils pour la découvrir. Nous passons un très beau moment, mais nous devons quitter Zahir et sa famille dans l’après-midi.

Nous avons longé la côte pour nous rendre plus au sud de la région d’Hatay pour arriver à la ville balnéaire de Samandağ. Les spots nature sont inexistants et nous avons quand même envie de profiter de la mer. Nous décidons donc de nous garer sur un parking quasi désert de la ville, face à la mer. Nous profitons ainsi de la mer Méditerranée avec une eau à 32°C.

Mais, en sortant de l’eau, nous avons la mauvaise surprise de retrouver sur nos pieds et nos jambes des petites gouttes de pétrole venues de Syrie… Yannick sort le nettoyant frein et nous en asperge sur les pieds, ce qui est assez radical ! Un bon rinçage, et nous pouvons rentrer dans Ookami.

Le lendemain matin, nous partons découvrir Titus Tuneli, un tunnel de 1380m de long. Et ce n’était pas prévu, mais cette balade se fait les pieds dans l’eau en raison des pluies de ces derniers jours. Mais il en faut plus pour nous décourager.

La construction de ce tunnel a commencé en 69 av. J.-C. sous le règne de l’empereur romain Vespasien, puis sous celui de son fils l’empereur Titus. Il a fallu 1000 esclaves pour mettre sur pied sur immense structure qui servait à détourner les eaux de crue descendant de la montagne. Ainsi il permettait d’empêcher les inondations sur le port de la ville de Séleucie Pieria, le port de la région d’Antioche.

Après le déjeuner, nous prenons la route pour Antakya, capitale de la province d’Hatay. Nous avons envie de voir les cascades Harbiye qui se situent tout proche de la ville. Mais nous sommes super déçus ! Le site a complètement été aménagé et pris d’assaut par les commerces. D’abord des petites échoppes de souvenirs, mais aussi, et surtout, par des dizaines de restaurants qui ont totalement bloqué l’accès aux cascades. Nous pouvons à peine les apercevoir depuis la terrasse de l’un d’eux après avoir traversé trois ou quatre terrasses… Nous négocions avec les gardiens du parking pour y passer la nuit. Évidemment, la réponse est positive. Cela nous permet de passer une nuit plutôt calme, sous les arbres et surtout à 10min de route d’Antakya.

Le lendemain matin, nous allons à la découverte de la ville. Nous commençons par le bazaar qui est vraiment chouette. Au détour d’un ruelle du bazaar, nous apercevons une petite place très jolie et décidons d’aller boire un çay. Là, notre regard se porte sur une enseigne, celle de Çınaraltı Künefe Yusuf Usta.

À l’intérieur de leur petite cuisine, nous voyons un homme devant un plat énorme en train de chauffer. Son collègue nous invite à entrer pour voir. L’homme prépare un künefe, une pâtisserie à base de kadayıf (cheveux d’ange), de fromage, de beurre et de pistaches (ou de noix) et sur laquelle un sirop est ajouté. Pour la petite histoire, ce plat aurait été créé et prescrit par des médecins pour satisfaire la faim des califes pendant le ramadan. Ils sont cuits sur une très grande plaque ronde d’environ 50cm de diamètre, et retournés, telle une crêpe, pour cuire des deux côtés.

Évidemment, nous nous laissons tenter et nous nous installons sur la petite terrasse. Le serveur nous apporte nos çay et nos künefe, servis avec une glace au lait. Première bouchée… Waouh !!! C’est juste délicieux ! Nous nous laissons emporter par notre gourmandise et ne laissons pas une miette de cette douceur sucrée. (Bon les enfants n’ont pas trop aimé, mais tant pis pour eux et tant mieux pour nous…)

Après cette découverte culinaire, nous repartons explorer le bazaar. Forcément, la faim vient frapper l’estomac de nos louveteaux. Plusieurs petits vendeurs proposent des pancakes. Nous nous arrêtons chez l’un d’eux, qui est en train de fermer. Nous lui demandons quand même s’il peut nous en vendre trois. Pas de soucis pour lui, il prend les trois pancakes, les donne aux enfants et nous dit que c’est un cadeau pour eux…

Nous avons erré quelques heures à travers le bazaar d’Antakya, nous faisons une pause à la mosquée Habib-I Neccar. C’est une ancienne église transformée en mosquée au 13ème siècle. En sortant de la mosquée, un homme nous court après et nous demande de le suivre. Un peu surpris, nous le suivons jusqu’à un petit stand qui se trouve devant la mosquée. Le marchand vend des limonades. L’homme en commande 5, nous les offre et repart comme il était venu… 

Avant de quitter la ville nous nous arrêtons à l’église Saint Pierre, la plus vieille église troglodyte chrétienne à travers le monde. C’est là que Pierre, Paul et Barnabé auraient fondé la première communauté chrétienne. À l’intérieur, nous découvrons des morceaux de mosaïques au sol et des traces de fresques sur le mur, près de l’autel.

Après cette visite d’Antakya, nous reprenons la route pour Arsuz. Nous avons très envie de nous baigner. Alors, nous nous offrons 3 jours de pause face à la Méditerranée. Nous en profitons pour travailler et surtout pour nous baigner dans une mer à 30°C !

Après ces trois jours magiques, nous repartons pour rejoindre nos amis les Mamatoch. Avant de les retrouver, nous faisons un arrêt pour laver Ookami. Et il en a bien besoin ! Nous nous arrêtons dans un yikama, une station de lavage. Trois hommes prennent Ookami en main et en 30min, notre maison roulante est rutilante !

Nous retrouvons ensuite nos amis les Mamatoch au cœur du canyon de Geçilmez. Deux jours de pause, sans connexion avec au programme : baignades, jeux, et juste ne rien faire !

Il est temps de repartir, et nous choisissons un spot au bord de la mer, histoire de profiter d’une dernière baignade dans la Méditerranée. Sauf que le vent souffle vraiment très fort et que nous avons des bourrasques chargées de sable qui viennent nous embêter. Nous décidons alors de quitter ce lieu et de partir à Adana pour dormir, surtout que les prévisions météo nous annoncent de fortes pluies.

Nous roulons donc, avec nos amis, jusqu’à Adana, nous trouvons un spot en plein cœur de la ville, sur les bords de la rivière Seyhan. Aprsè avoir commandé à manger, nous passons la soirée au bord de l’eau pour le dîner, mais les premières gouttes nous obligent à remballer et à nous réfugier chez nous.

Le lendemain matin, nous profitons des dernières heures ensemble. Un peu d’école pour les enfants, des discussions pour les parents, et c’est reparti. Notre famille turque nous attend à Kayseri pour de fabuleuses retrouvailles !

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