C’est drôle d’écrire un article sur la santé… quand on est soi-même K.O. au fond du lit. Depuis deux jours, un vilain virus s’est invité chez nous. Il a d’abord choisi Maïa (la plus douce des victimes), et comme je l’ai veillée, dorlotée, cajolée pour la rassurer, eh bien il a décidé de poser ses valises chez moi aussi.
Le genre de colocataire qu’on n’a pas envie de garder longtemps.
Mais ce petit imprévu m’a donné envie de parler d’un sujet qu’on évoque souvent, sans jamais trop creuser : comment on gère la santé quand on vit sur les routes ?
Parce que, tu vois, depuis qu’on est nomades, on a remarqué un truc assez fou : on tombe très peu malades. Un petit rhume par-ci, un virus express par-là, mais rien de plus. Pas de médecin tous les quatre matins, pas de pharmacie remplie à ras bord. Et franchement, je suis convaincue que c’est lié à notre mode de vie : à force de vivre dehors, de respirer, de bouger, de s’exposer à la vraie vie… notre corps s’est tout simplement renforcé.
Alors aujourd’hui, entre deux gorgées de tisane au citron et au miel, j’ai envie de te raconter comment on prend soin de nous sur la route. Pas de discours médical ni de remèdes miracles, juste notre expérience, nos petits rituels, nos huiles essentielles préférées, et beaucoup de bon sens.
Parce qu’au fond, la santé, ce n’est pas une question de chance. C’est une question d’équilibre, d’écoute, et d’un peu de menthe poivrée au bon moment.
Depuis qu’on est nomades, on tombe rarement malades
C’est presque paradoxal : on vit dehors, on change souvent d’environnement, on dort parfois au milieu de nulle part… et pourtant, on est beaucoup moins malades qu’avant.
Quand on habitait « entre quatre murs », il y avait toujours un petit quelque chose : un rhume qui traîne, un coup de fatigue, une toux qui revient pile au moment où on pensait s’en être débarrassés. Depuis qu’on vit sur la route, ces épisodes sont devenus de plus en plus rares.
Je crois sincèrement que la nature y est pour beaucoup. On passe nos journées à respirer de l’air frais, à marcher, à bouger, à s’exposer au soleil. Nos corps vivent au rythme du jour et de la nuit, de la lumière et des saisons (pas de la clim’ ou des néons d’un bureau).
Et puis, il y a aussi le stress. Ou plutôt… son absence. Bien sûr, la vie nomade n’est pas un long fleuve tranquille. Entre une crevaison au milieu de la steppe et un moteur qui tousse, on a notre dose d’adrénaline. Mais ce n’est pas le même stress. Ce n’est pas celui qui s’accumule, qui t’épuise de l’intérieur. C’est un stress ponctuel, concret, qui passe dès que tu trouves une solution.
Résultat : notre système immunitaire bosse bien. Il ne s’effondre pas à la moindre contrariété, il s’adapte.
Et quand on attrape un petit virus, on récupère vite, sans avoir besoin de sortir l’artillerie lourde.
Alors oui, on n’a pas de médecin de famille. Mais on a une autre forme de médecine : celle du grand air, du sommeil réparateur, de la simplicité, et du rire partagé autour d’un feu de camp. Et je crois que c’est tout aussi efficace.
Notre trousse santé nomade : du naturel avant tout
Alors soyons clairs : je ne suis pas du genre à jouer les apprenties sorcières (même si j’ai toujours une trousse qui sent fort l’eucalyptus !). Mais depuis longtemps, j’ai choisi une approche simple et naturelle de la santé.
Pas parce que je rejette la médecine classique (j’ai toujours un peu de paracétamol sous la main, « au cas où »), mais parce que j’aime écouter mon corps avant de dégainer une pilule. Souvent, il me dit tout ce qu’il faut savoir : quand il faut ralentir, dormir plus, s’hydrater, ou juste s’enrouler dans un plaid avec une tisane et un bon bouquin.
Notre trousse santé, c’est un joyeux mélange de bon sens et de plantes. Quelques essentiels : un thermomètre, un désinfectant, des pansements (parce que les genoux écorchés, ça reste un classique), et surtout… nos huiles essentielles. Elles sont devenues nos meilleures alliées sur la route.
Leur avantage, c’est qu’elles prennent peu de place, qu’elles sont efficaces, et qu’elles peuvent soulager tout un tas de petits maux du quotidien. Mais attention : ce n’est pas parce que c’est « naturel » que c’est sans danger. Les huiles essentielles sont puissantes, et il faut les utiliser avec précaution, surtout avec les enfants. Alors, on s’informe, on dose avec soin, et on reste raisonnables.
Et franchement, dans 90 % des cas, ça suffit. Un peu de repos, quelques gouttes bien placées, un bon repas, et on repart.
Pas besoin d’une pharmacie de 15 kilos. Juste l’essentiel. Comme pour tout le reste dans notre vie nomade.
Nos huiles essentielles indispensables (et comment on les utilise avec précaution)
Si tu ouvres notre trousse santé, tu risques d’avoir l’impression d’entrer dans une mini herboristerie ambulante !
Des petits flacons ambrés bien rangés, chacun avec son étiquette (sinon c’est la cata), et une odeur qui te ferait croire qu’on distille des plantes à l’arrière du bus.
Nos chouchous ?
- Tea Tree (arbre à thé) – Le couteau suisse. Pour désinfecter une plaie, apaiser un bouton, purifier l’air, renforcer le système immunitaire… C’est un peu notre « premier réflexe » en voyage.
- Ravintsara – L’indispensable de l’hiver (et de tous les virus surprise). Elle aide à stimuler les défenses naturelles et à se remettre d’un coup de mou.
- Lavande officinale – La douce. Pour calmer, détendre, apaiser les piqûres, et même mieux dormir. Autant dire qu’on l’adore.
- Citron – Fraîcheur et tonus garantis. On l’utilise pour booster l’énergie ou assainir un peu tout ce qui en a besoin.
- Menthe poivrée – Attention, puissante ! Idéale pour soulager les maux de tête, les nausées ou les coups de fatigue. (Mais jamais sur les enfants ni près des yeux, hein, sinon tu pleures deux fois !)
- Niaouli – L’amie du système respiratoire. Super utile quand un petit rhume pointe le bout de son nez.
- Eucalyptus radiata – Pour dégager les voies respiratoires sans sentir le baume du tigre à 10 mètres.
- Hélichryse italienne – Un bijou pour les bleus, les bosses, les petits chocs du quotidien.
Et puis, il y a le basilic pour les maux de ventre, les digestions difficiles, ou quand on sent que le stress s’invite un peu trop.
On les utilise en olfaction, en diffusion, parfois en application locale (toujours diluées dans une huile végétale). Et on fait très attention : certaines huiles ne conviennent pas aux enfants, ni aux femmes enceintes. Donc avant chaque usage, on vérifie. Même après des années, on ne joue jamais les apprentis sorciers.
Leur secret, c’est la simplicité. Quelques flacons, beaucoup de prudence, et la conviction que la nature sait souvent mieux que nous ce dont on a besoin.
Ce que la vie nomade nous a appris sur la santé
S’il y a bien une chose que la vie sur la route nous a apprise, c’est que la santé, ce n’est pas juste « ne pas être malade ». C’est un équilibre. Un dialogue constant avec soi-même, avec son environnement, avec son rythme intérieur.
Avant de partir, j’avais tendance à tout anticiper : la trousse à pharmacie bien remplie, les « au cas où ». Aujourd’hui, j’ai appris à faire confiance. À mon corps, à la nature, et à la vie, tout simplement.
La santé, c’est aussi savoir ralentir quand il le faut. Accepter de ne rien faire une journée, d’annuler une visite, de se glisser sous la couette avec un bouquin et du miel. Et tu sais quoi ? Le monde continue de tourner.
La vie nomade t’enseigne ça à la dure : tu ne peux pas tout contrôler. Tu peux juste t’adapter. Et souvent, cette adaptation te rend plus fort, plus à l’écoute, plus conscient.
Je crois aussi qu’on est plus ancrés dans le réel. Quand on vit dehors, qu’on cuisine ses repas, qu’on sent le vent et la pluie, on comprend vite ce qui nous fait du bien (et ce qui nous épuise). On revient à quelque chose de très simple : manger sainement, bouger, respirer, rire, dormir. Pas de miracles, juste du bon sens.
Alors oui, il nous arrive encore d’avoir un rhume, un coup de fatigue, ou une nuit blanche à cause d’un virus qui tourne (la preuve, pendant que j’écris cet article, j’en suis la victime du moment !). Mais ça fait partie du jeu. Et je crois que tant qu’on prend soin de nous avec bienveillance et curiosité, on reste sur la bonne voie.
Soigner, c’est aussi écouter
En vivant sur les routes, j’ai compris que « prendre soin de soi » ne voulait pas forcément dire « tout contrôler ». C’est surtout apprendre à écouter : son corps, son énergie, ses émotions. À reconnaître quand il dit « stop », quand il a besoin de repos, ou simplement un peu de douceur.
Nos flacons d’huiles essentielles, nos tisanes, nos remèdes maison … tout ça c’est du bonus. L’essentiel, c’est d’être à l’écoute, de faire preuve de bon sens, et de ne pas oublier que la santé, c’est avant tout un équilibre fragile entre le corps, le mental et le rythme de vie.
Alors oui, parfois on tombe malade, on râle, on se mouche toutes les deux secondes et on rêve d’un lit d’hôtel avec room service. Mais le plus souvent, on se rend compte que la vie nomade, avec son air frais, son soleil et ses imprévus, nous garde en meilleure forme que n’importe quel remède.
Et peut-être que, finalement, la vraie médecine… c’est juste vivre pleinement !





