03 septembre 2026
Rentrée instruction en famille : notre 11e rentrée entre CM2, High School Diploma et vie nomade
Pour notre 11e rentrée en instruction en famille, on reprend le rythme après deux mois de pause.
Cette année, nous vivons notre 11e rentrée en instruction en famille.
Onze rentrées sans cartable neuf imposé, sans liste de fournitures longue comme un jour sans café, sans portail d’école à franchir, mais avec toujours cette même question qui revient : comment accompagner nos enfants au mieux, là où ils en sont aujourd’hui ?
Parce que l’IEF, chez nous, n’a jamais été une méthode figée.
C’est un chemin vivant.
Un chemin que l’on ajuste.
Un chemin que l’on questionne.
Un chemin qui évolue avec les enfants, avec notre vie nomade, avec nos projets, avec notre énergie aussi.
Et cette rentrée-là, justement, nous rappelle une chose essentielle : parfois, il faut tester pour comprendre ce qui nous convient vraiment.
Deux mois de pause : bonne idée sur le papier
Cet été, nous avons choisi de prendre deux mois de vacances.
Une vraie pause.
Nous nous sommes posés au camping du Domaine le Colombier, chez nos amis, pendant que Yannick travaillait pour la saison estivale. Et comme le meilleur ami de Liam était là, on s’est dit que c’était l’occasion parfaite.
Une pause longue.
Des copains.
Du temps libre.
Moins de cadre.
Moins d’apprentissages formels.
Plus de respiration.
Sur le papier, l’idée était plutôt chouette.
On s’est dit : “Allez, cette fois, on lève vraiment le pied. Les enfants vont profiter pleinement, ils vont souffler, jouer, se retrouver.”
Et ils en ont profité, oui.
Mais juste avant la reprise, en discutant avec eux, on s’est rendu compte que cette pause avait finalement été un peu trop longue.
Et là, surprise.
Ils nous ont dit qu’ils auraient bien repris plus tôt.
Alors évidemment, ma première réaction intérieure a été : “Mais pourquoi ne pas me l’avoir dit avant ?”
Parce que clairement, ça aurait pu nous éviter de jouer aux parents détendus alors qu’en fait, tout le monde était peut-être prêt à remettre un peu de rythme.
Mais c’est aussi ça, apprendre ensemble.
Ils nous ont confié avoir oublié pas mal de choses. Des notions de maths, de grammaire, des automatismes qui étaient pourtant bien installés avant l’été. Rien de dramatique, évidemment. Mais assez pour qu’ils sentent eux-mêmes que la reprise aurait été plus fluide si l’on avait gardé un petit fil pendant ces deux mois.
Et franchement, je trouve ça précieux qu’ils aient pu le verbaliser.
Ce que cette pause nous a appris
Cette longue pause nous a permis de confirmer quelque chose que l’on savait déjà un peu au fond : chez nous, couper totalement pendant deux mois, ce n’est pas ce qui fonctionne le mieux.
Depuis le début de notre aventure en instruction en famille, nous avons plutôt l’habitude d’avancer toute l’année, avec des rythmes plus souples selon les périodes.
Parfois, on travaille plus.
Parfois, on ralentit.
Parfois, les apprentissages sont très formels.
Parfois, ils passent davantage par les projets, les visites, les lectures, les discussions, la vie.
Mais on garde un fil.
Et ce fil-là semble important pour eux.
Pas parce qu’il faut remplir des cahiers coûte que coûte.
Pas parce qu’on veut transformer chaque journée en planning scolaire déguisé.
Mais parce que le rythme les aide. Il leur donne des repères, une continuité, une sensation d’avancer.
Alors on en a parlé ensemble, et la conclusion a été assez simple : on ne refera pas de pause aussi longue.
On continuera comme nous l’avons toujours fait.
Avec souplesse, mais sans couper complètement.
Et cette décision, finalement, a rendu cette rentrée très fluide.
Une rentrée douce et joyeuse
Cette reprise s’est super bien passée.
Les enfants étaient heureux de retrouver un rythme. Heureux de reprendre leurs projets, leurs supports, leurs apprentissages, leurs routines.
Et ça, après toutes ces années, c’est toujours quelque chose qui me touche.
Parce que l’instruction en famille n’est pas un long fleuve tranquille. Il y a des jours où ça roule, des jours où ça coince, des jours où l’on doute, des jours où l’on ajuste. Mais quand je les vois revenir aux apprentissages avec cette envie de reprendre un cadre, je me dis que quelque chose est juste.
Pas parfait. Juste.
Cette année, chacun avance avec ses besoins, son niveau, son âge, ses envies et ses projets.
Maïa commence ses apprentissages de CM2. Liam démarre sa première année vers le High School Diploma. Luna entame sa seconde année.
Trois enfants.
Trois étapes.
Trois manières d’apprendre.
Et nous, au milieu, on continue d’accompagner, d’observer, de structurer, de faire confiance… et parfois de boire du café avec une intensité parfaitement assumée.
Maïa en CM2 avec Pass Éducation
Pour Maïa, nous restons fidèles à Pass Éducation.
C’est un support qui nous accompagne depuis le début de notre aventure en instruction en famille, et qui garde une vraie place dans notre organisation.
Ce que nous aimons, c’est le côté structuré, clair et progressif. Les ressources permettent de suivre les notions attendues par niveau, tout en gardant la liberté d’adapter le rythme, de revenir sur une notion, d’aller plus vite quand c’est fluide, ou de prendre le temps quand c’est nécessaire.
En CM2, cela nous donne une base solide.
Français, maths, histoire, géographie, sciences… on peut s’appuyer sur des contenus déjà pensés, tout en gardant notre manière à nous d’apprendre.
Parce que chez nous, un support n’est jamais une prison. C’est une base.
On prend ce qui nous aide. On adapte. On complète avec des lectures, des discussions, des sorties, des projets créatifs, des expériences du quotidien.
Et pour Maïa, qui aime créer, cuisiner, manipuler, poser des questions, cette structure souple fonctionne bien. Elle sait où elle va, tout en gardant de l’espace pour apprendre autrement.
Liam et Luna : cap vers le High School Diploma
Pour Liam et Luna, cette année s’inscrit davantage autour du High School Diploma. Luna commence sa deuxième année, et Liam entre dans sa première.
C’est une nouvelle étape, avec des enjeux différents, parce qu’ils grandissent. Les apprentissages deviennent plus profonds, plus autonomes, plus organisés. Il ne s’agit plus seulement d’acquérir des bases, mais aussi de construire une manière de travailler, de chercher, de réfléchir, de produire, de mener un projet.
Et pour cela, nous avons choisi de fonctionner avec de grandes explorations. L’idée n’est pas forcément de rendre les matières “plus sympas” en mettant des paillettes sur un programme. L’idée, c’est surtout de leur donner du sens. Plutôt que de découper les apprentissages en matières complètement séparées, les grandes explorations permettent de relier les savoirs entre eux.
Un thème peut ouvrir vers l’histoire, la géographie, les sciences, la littérature, l’anglais, l’écriture, la recherche documentaire, l’expression orale, la création numérique.
On part d’un sujet vivant, et à partir de là, on tisse les apprentissages académiques. Cela permet de travailler autrement, sans perdre l’exigence. Cela permet de donner une direction. Cela permet aussi de mieux respecter leurs centres d’intérêt. Parce qu’un adolescent apprend souvent mieux quand il comprend pourquoi il apprend.
Les ateliers permanents : apprendre par les projets
En parallèle des grandes explorations, nous gardons aussi des ateliers permanents. Et ces ateliers sont très importants pour nous. Ils permettent aux enfants de développer des compétences sur la durée, à partir de projets qui les motivent vraiment.
Pour Luna, cela peut passer par son roman dystopique, le manga, le crochet, le yoga, le dessin, l’écriture. Des espaces où elle crée, imagine, développe sa patience, sa précision, son sens narratif, son rapport au corps, son univers personnel.
Pour Liam, les ateliers peuvent tourner autour de ses projets LEGO, de l’écriture de nouvelles, du fitness, de Scratch, du japonais, de la création numérique. Des espaces où il expérimente, construit, bouge, teste, recommence.
Ces ateliers ne sont pas “à côté” des apprentissages. Ils en font pleinement partie. Parce qu’on y travaille la concentration, la persévérance, l’autonomie, la créativité, la logique, l’expression, la motricité, la gestion d’un projet, la capacité à aller au bout d’une idée. Et souvent, c’est dans ces projets-là que l’on voit apparaître de vrais déclics.
Une 11e rentrée, mais toujours la même intention
Cette 11e rentrée nous rappelle que l’instruction en famille n’est pas une ligne droite. C’est une aventure qui se construit année après année. On teste. On observe. On ajuste. On se trompe parfois. On revient à ce qui fonctionne. On écoute les enfants. On écoute aussi notre propre ressenti.
Cette année, nous avons compris que deux mois de pause totale, ce n’était pas l’idéal pour nous. Pas grave. On le sait maintenant.
Et c’est aussi ça, la beauté de ce chemin : on n’a pas besoin de faire parfaitement. On a besoin de rester attentifs.
Aujourd’hui, les enfants sont heureux de reprendre. Ils retrouvent leur rythme, leurs projets, leurs apprentissages. Et nous, on retrouve cette sensation familière d’une rentrée qui ne ressemble pas à celle de tout le monde, mais qui nous ressemble profondément.
Une rentrée sans portail d’école. Mais avec des cahiers, des livres, des projets, des discussions, des cafés, des ajustements, des enfants qui grandissent… et cette conviction douce que l’on continue à avancer sur le bon chemin.
Notre chemin.
Lamour en Vadrouille