Nous avons quitté le lac Issyk-Koul et nous nous dirigeons vers Bishkek. Mais avant d’arriver à la capitale du Kirghizistan, nous nous offrons une petite visite culturelle en allant à la tour Burana. Il est 17h50 et le site ferme à à 18h00, mais la personne à l’accueil nous dit que c’est ok. Alors on y va.

Cette tour a été construite au 11ème siècle et fait partie des vestiges de la ville de Balasagun, qui était autrefois une capitale de l’empire des Kara-Khitans. C’est un symbole important du patrimoine historique du Kirghizistan. Elle témoigne de la riche histoire de la région, autrefois un carrefour culturel et commercial majeur sur la route de la soie.

Les archéologues décrivent souvent la tour Burana comme un minaret. Une tour traditionnelle des mosquées musulmanes où les muezzins lancent l’appel à la prière. Elle aurait servi à cet usage pour la grande mosquée de Balasagun. Cependant, certains historiens pensent qu’elle pourrait aussi avoir servi de tour de guet ou de monument commémoratif.

Nous grimpons au sommet de la tour par un escalier en colimaçon pour admirer le paysage sur la vallée environnante et les montagnes du Tian Shan. À l’origine, la tour mesurait environ 45 mètres de haut, mais après plusieurs tremblements de terre, sa hauteur a été réduite à environ 25 mètres. Les secousses ont causé l’effondrement de sa partie supérieure. On imagine alors ce que la vue pouvait offrir à l’époque.

Nous redescendons ensuite pour nous promener autour de la tour. Nous y découvrons des balbals, des statues en pierre, souvent de forme humaine.

Ces statues ont une origine ancienne, remontant à l’époque des peuples nomades turcs et mongols de l’Asie centrale, il y a environ 1 500 à 2 000 ans. Les peuples turcs de l’époque, comme les Göktürks, sont particulièrement associés à ces monuments.

Les peuples utilisaient principalement les balbals comme marqueurs funéraires. On les érigait souvent en ligne ou en cercle autour des tumulus, des monticules funéraires, pour honorer les défunts. Ils étaient censés représenter les ennemis tués par le défunt au combat, devenant ainsi des « gardes » ou des « serviteurs » dans l’au-delà. Chaque balbal était une sorte de monument à la mémoire des exploits militaires du défunt.
Dans d’autres cas, les balbals peuvent représenter des ancêtres ou des esprits protecteurs, surveillant les vivants depuis l’au-delà.

Nous les découvrons, pour certaines encore très bien conservées, avec des visages humains stylisés, des yeux en amande, un nez proéminent et parfois une barbe. Certains d’entre eux ont aussi des vêtements, des armes (souvent une épée ou un poignard) ou les objets tenus dans les mains. Quelques-uns nous font même penser à des petites matriochka !

Nous nous dirigeons ensuite vers le petit musée. Malheureusement, il est 18h00 passé et il est fermé. Évidemment ! Bon, tant pis, nous aurons quand même vu l’essentiel !

Après une nuit très calme sur le parking du site, nous reprenons la route pour Bishkek. Et si nous allons dans la capitale kirghize, ce n’est pas pour la visiter. Mais pour trouver une solution pour remplacer ou réparer nos freins arrière.

Après un arrêt dans 2 garages et des réponses négatives, le premier n’étant pas assez haut et le second ne pouvant rien faire pour nous sans la pièce, c’est au bazar des pièces mécaniques que nous atterrissons. Et là, ô miracle ! Nous faisons la connaissance de Allay (un turc !), qui nous dit qu’il peut commander des pièces neuves. Mais il faut attendre 2 semaines ! Pas possible pour nous !!! Dans 2 semaines, nous serons dans un autre pays. Alors, il nous propose de réparer les nôtres. La solution nous convient mais il est tard. Rendez-vous donc le lendemain.

Pour la nuit, nous trouvons un spot nature à 30 minutes de la capitale. C’est parfait ! Il fait bon, et c’est très calme.

Le lendemain, nous retournons dans le second garage où nous avions été la veille, qui lui est assez haut pour nous accueillir. Nous leur expliquons que nous avons besoin de leur aide pour démonter les freins. Pas de soucis ! Après le démontage, Yannick part en bus jusqu’au bazar avec les plaquettes de freins. Pendant ce temps, je reste au garage, et même dans le café du garage, avec les enfants pour patienter.

Pendant ce temps, Yannick, accompagné de Allay, va chez un vendeur de garnitures de freins. Puis chez un réparateur de pièces telles que des plaquettes ou des embrayages. Il s’occupe de remettre en état les pièces avec de nouvelles garnitures. Une heure après, c’est tout bon. 2h30 plus tard, Yannick revient, les freins réparés !!!!

Après le remontage, nous retournons sur notre spot nature pour la nuit et pour la journée de jeudi. L’occasion de travailler et de profiter avant de reprendre la route vers le sud du pays.