L’Arménie, une belle surprise dans notre vadrouille

L’Arménie, une belle surprise dans notre vadrouille

Après avoir passé deux semaines en Géorgie, nous décidons de partir découvrir l’Arménie. Ce petit pays est à l’heure actuelle une impasse dans le voyage car sa seule autre frontière ouverte est celle d’avec l’Iran, qui elle est fermée actuellement à cause du Covid-19. Mais étant juste à côté, nous nous disons que c’est pour nous l’occasion de découvrir ce pays à l’histoire tumultueuse.

À la frontière géorgienne, tout se passe bien. Le douanier nous demande nos passeports, tests PCR ainsi que les papiers d’Ookami. En 20 minutes, nous avons fait toutes les démarches administratives. Nous pouvons sortir du territoire géorgien. À la douane arménienne, tout se passe également très bien, mais c’est très long. Nous présentons d’abord nos tests PCR au médecin. Ensuite, Yannick et les enfants vont au guichet à l’intérieur du bâtiment pour faire tamponner leurs passeports. De mon côté, je vais au poste extérieur avec Ookami. Un douanier me demande d’ouvrir les portes arrière. Il regarde rapidement notre bazar et me dit que je peux refermer. Forcément je n’y arrive pas, et c’est lui qui ferme en m’adressant un sourire. Il prend ensuite la carte grise et mon passeport qu’il tamponne. Après 15 minutes, il me dit « Welcome in Armenia! ».

Mais nous ne sommes pas encore entrés ! Je dois encore passer à un guichet pour remplir une « déclaration en douane des passagers ». Dans ce document, nous devons déclarer notre véhicule (valeur, numéro de série…), mais aussi des éventuels autres biens. Heureusement, Yannick m’a rejoint pour cette partie ! En effet, il faut y inscrire des éléments concernant la puissance du camion que je ne connais pas (je les apprendrai pour la prochaine fois !). Mais une fois le document rempli, la douanière doit enregistrer les informations sur son ordinateur. Et là, nous y avons passé un temps de fou ! Un de ses collègues est venu l’aider ce qui a accéléré les choses. Nous nous acquittons de la « taxe écologique » d’un montant de 9850 drams (soit 16.91€).

Ensuite, nous devons passer voir le guichet de l’assurance auto. L’Arménie ne fait pas partie des pays pris en compte dans la carte verte. Nous assurons donc Ookami pour 15 jours pour un montant de 11.03€.

Et voilà, nous aurons passé 1h30 à la douane arménienne. Maintenant, nous pouvons découvrir ce nouveau pays qu’est l’Arménie sereinement ! Sereinement est un bien grand mot quand nous découvrons l’état général des routes. Elles sont globalement en mauvais état : les nids de poules et les portions détruites sont nombreux, les pistes sont parfois même bien meilleures que les routes bitumées. Ces routes défoncées représenteront une bonne moitié des routes que nous aurons prises et elles auront mis nos nerfs à rude épreuve. Au point que sur l’ensemble de notre trajet, nous mettrons 50% de temps de plus que celui prévu par le GPS !

Comme nous n’avons que 15 jours, nous ne perdons pas de temps. Nous partons pour le monastère de Marmashen. L’église principale, Sourp Stepanos, a été construite entre 988 et 1029. Malgré le tremblement de terre de 1988, cette dernière est toujours debout. Ici nous découvrons l’architecture des églises arméniennes, encore différente de ce que nous avons déjà pu voir jusqu’alors. En effet, l’extérieur est très imposant et décoré de gravures en forme de croix et de textes. À l’intérieur, elles sont composées d’une entrée appelée « gavit », d’une grande salle avec une coupole et de 2 chapelles sur les côtés. L’autel est toujours surélevé, comme sur une estrade.

À l’entrée, une femme nous accueille et nous offre un chant religieux pour nous permettre de profiter de l’acoustique de cette église.Dehors, nous pouvons voir la petite chapelle Sourp Petros ainsi que les ruines d’une église circulaire.

Cette première visite nous offre déjà un bel aperçu de la religion des « chrétiens d’Arménie ».

Nous prenons ensuite la route pour nous diriger vers notre spot. Ce dernier se situe près d’un petit étang. Nous n’aurons pas de moustiques, mais énormément de grenouilles qui nous berceront toute la nuit.

Le lendemain, nous allons visiter la petite église de Hogevank, à côté de laquelle nous nous étions installés pour la nuit. L’église dédiée à Saint Karapet a été construite en 1205 en tuf rouge. À l’intérieur, on retrouve un autel surélevé. Sur les murs, il y a quelques tableaux représentant des saints. À l’extérieur, nous trouvons des « khatchkars » décorés. Ce sont des stèles rectangulaires sculptées de croix accompagnées d’un décor ornemental et d’inscriptions. Cet art des croix de pierre arméniennes est inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

Après cette visite, nous partons pour le monastère de Haritchavank, fondé au VIIe siècle. Nous entrons dans une grande cour dans laquelle se trouve l’église principale Sainte-Mère-de-Dieu, ainsi que l’église Saint Grégoire, la plus ancienne du monastère.

Ensuite, direction la forteresse d’Amberd. Mais la route est quelque peu … défoncée (non, il n’y a pas d’autres mots qui puissent décrire l’état de la route !). Nous avons ainsi roulé sur 15km sur une route jonchée de nids … d’autruche, de creux, de vagues, de trous gigantesques. Nous avons fait ces quelques kilomètres en 1h00 ! Ça sera la pire des routes que nous aurons empruntée.

Arrivés sur place, nous découvrons cette forteresse du VIIe siècle construite sur un piton rocheux qui nous offre une superbe vue sur le canyon. On y voit encore les murs de fortification et, surtout, l’église de Vahramashen construite en tuf en 1026.

Pour repartir sur notre spot, nous prenons une autre route (heureusement !). Nous passons la nuit à quelques kilomètres de Yerevan, la capitale de l’Arménie. Nous nous posons en pleine nature avec le son d’une rivière en fond sonore. Dans la nuit, le vent s’est levé, très fort. À tel point que le toit des tentes se soulève. Il est 1h30 du matin, nous décidons de refermer les tentes. Nous descendons, préparons le lit à l’intérieur d’Ookami. Une fois le lit prêt, nous réveillons doucement nos louveteaux pour les transvaser dans le camion. Yannick ferme les deux tentes en moins de 10min. Rassurés, nous pouvons nous rendormir paisiblement.

Le lendemain matin, après une nuit écourtée, nous partons pour Yerevan. Notre premier arrêt sera au Mémorial du Génocide arménien. Une histoire qui a vu un peuple entier souffrir. Hommes, femmes et enfants auront vécu l’oppression, la souffrance voire la mort. Cette visite a été très enrichissante pour mieux comprendre ce pan de l’histoire du pays.

J’ai été fortement marquée par l’histoire de tous ces enfants qui ont perdu leurs parents et qui, pour certains d’entre eux, livrés à eux même. Comme ce petit garçon retrouvé dans le désert où il a vécu pendant deux ans auprès des animaux. Il avait perdu son identité d’humain et était devenu un petit garçon sauvage.

Nous sommes ensuite allés visiter le centre-ville de la capitale. Tout d’abord, nous avons commencé par arpenter les allées du Vernissage, un marché d’artisans et créateurs. Nous avons ensuite marché pendant près de 4h dans les rues qui ne nous ont pas vraiment charmés. Nous avons tout de même aimé nous promener sur la place de la République, dans le square de la Liberté, avec la statue érigée en hommage au compositeur et pianiste Arno Babajanian. Enfin, nous avons terminé notre balade en plein centre à la cascade du centre des arts.

Nous avons poursuivi avec la visite de la mosquée bleue construite en 1766. Pour terminer, nous avons visité la grande cathédrale Sourp Krikor Loussavoritch. Elle a été construite en 2001 pour fêter le 1700e anniversaire de l’adoption du christianisme en Arménie.

Nous quittons la capitale en fin de journée pour rejoindre notre spot. Sur la route, nous longerons pendant 2km la décharge de la ville. Une horreur ! Nous n’avons pas eu beaucoup de visuels, mais nous avons bien vu les mouettes voler au-dessus. Et surtout, nous avons eu la joie des odeurs et des vapeurs suffocantes.

Nous retrouvons ensuite la famille les Guidhuss sur un spot qui fait face au mont Ararat. Mais ce coquin reste bien caché derrière les nuages ! Nous passons la soirée avec cette famille pour faire connaissance.

Le lendemain, nous allons visiter le temple Pagan à Garni, à l’architecture grecque. C’est assez surprenant de voir un tel monument en Arménie ! Le site est chouette, mais il y a énormément de touristes. Du coup, cela ne nous donne pas envie de nous y attarder.

Ensuite, nous allons au Symphony of Stones, résultat de l’effondrement des roches volcaniques. On y voit d’immenses colonnes de basalte hexagonales qui nous rappellent les tuyaux des orgues.

Après le déjeuner, nous partons pour le monastère de Gherart. La légende raconte qu’au XIIIe siècle, il aurait accueilli les reliques de la Sainte Lance (celle qui aurait transpercé le Christ crucifié), ainsi qu’un morceau de bois de l’arche de Noé.

Dimanche, nous allons visiter le très beau monastère de Khor Virap qui se situe en face du mont Ararat (qui d’ailleurs joue toujours à cache-cache ! Depuis la chapelle Saint George, nous sommes descendus dans les oubliettes où fut enfermé Grégoire l’Illuminateur pendant 13 ans. Ce saint arménien avait refusé de participer à la restauration des fêtes païennes en l’honneur de la déesse Anahit.

C’est notre dernière visite dans la partie nord-ouest de l’Arménie. Dans le prochain article, nous vous emmenons plus au sud !

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