Le 23 décembre. Nous sommes encore en France, au Barcarès. La pluie tombe sans relâche, le froid s’infiltre partout, et même Yamato commence à tirer la langue. Nos corps sont lourds, nos cœurs un peu raplapla, et nos batteries (humaines comme électriques) clignotent clairement en mode « besoin de soleil« .

Alors, presque sur un coup de tête… mais surtout après s’être vraiment écoutés, on prend une décision. Quitter les copains avec qui on partage le quotidien depuis plus d’un mois, et mettre le cap vers le sud de l’Espagne. Pas parce que « c’est logique ». Pas parce que « c’était prévu ». Mais parce que c’est juste.

Le 24 décembre au matin, on prend la route. Et immédiatement, quelque chose se remet à circuler. Dans nos corps, dans nos têtes, dans notre énergie. Reprendre la route, c’est un peu comme respirer à nouveau à pleins poumons.

513 kilomètres plus tard, après un peu plus de 7 heures de route, on se gare sur un petit parking pour la nuit. Le soleil nous a accompagnés une bonne partie de la journée, et rien que ça… ça change tout.

Ce réveillon de Noël est particulier. En effet, on n’a pas vraiment d’énergie pour cuisiner, ni pour faire quelque chose de « spécial ». Et tu sais quoi ? C’est ok. Vraiment. On a fait un choix en conscience, et on l’assume pleinement. On se blottit tous ensemble, on regarde un petit film de Noël, et on se couche avec cette sensation douce d’être exactement là où on doit être.

Le 25 décembre, les enfants sont (beaucoup trop) matinaux. À 7h30, tout le monde est debout. Il fait froid, très froid, mais on se réchauffe comme on peut : des chants de Noël, des rires, et surtout l’ouverture des cadeaux. Et là, peu importe la météo, la magie opère.

Après un bon petit-déjeuner, on reprend la route. Direction Águilas. L’objectif est clair : se poser, vraiment.

Cinq heures de route nous attendent. Le thermomètre affiche 4°C. Oui, oui. Mais notre bonne humeur tient bon, portée par cette joie anticipée d’arriver enfin.

À Águilas, premier spot repéré : plein de véhicules, pas très propre. Alors, on n’insiste pas. On choisit finalement le parking du skate park, pour le plus grand bonheur de Liam et Maïa.

Mais la soirée prend une autre tournure. Un vilain virus (probablement la grippe) décide de s’inviter sans prévenir. En quelques heures, Liam, Luna et Yannick sont complètement KO. Heureusement, Maïa et moi tenons encore debout… jusqu’au lendemain, où Maïa rejoint l’équipe des éclopés. Deux jours compliqués. Fatigue, fièvre, corps à plat. Alors, on ralentit, on écoute, on soigne et on accepte.

Retrouve notre article « Notre santé sur les routes : entre nature, huiles essentielles et bon sens »

Quand l’énergie revient un peu, on décide avec Yannick de bouger. Direction la playa de los Cocedores. Là-bas, d’autres familles françaises se sont aussi regroupées pour le Nouvel An. Et surtout, le 31 décembre, on retrouve avec une immense joie nos copains laissés au Barcarès. Ces retrouvailles font un bien fou. Comme un rappel : on n’est jamais vraiment seuls sur la route.

Le 5 janvier, on fête les 10 ans de Maïa. Dix ans, déjà. Et elle est entourée de ses copains. Des rires, des jeux, des souvenirs qui se créent. C’est simple, et c’est précieux.

Le 8 janvier, on décide de changer de plage. Toujours à Águilas, mais cette fois à la playa del Arroz. Une envie de renouveau, de changement d’atmosphère.

Et là… le soleil revient enfin. Vraiment. 17°C dehors. 25°C dans Yamato. Nos corps se détendent alors. Nos épaules s’abaissent. On n’a plus froid, on respire, on savoure. Cette sensation de bien-être profond, presque oubliée, revient nous envelopper.

Ces premiers jours en Espagne nous ont ainsi rappelé quelque chose d’essentiel : s’écouter n’est pas un luxe, c’est une nécessité. S’écouter quand le corps dit stop, quand le cœur réclame autre chose, quand l’intuition murmure doucement « il est temps de bouger ».

Ce n’est pas toujours confortable. Ce n’est pas toujours rationnel. Mais c’est souvent juste.

Et si cette vie nomade nous apprend quelque chose, encore et encore, c’est ça : quand on ose s’écouter vraiment, alors le chemin se dessine tout seul.

Et toi… est-ce que tu t’accordes ce droit-là ?