Nous avons donc quitté la côte et la playa del Arroz pour passer quelques jours dans le désert de Tabernas. Après avoir fait les services, on arrive un peu tard sur place. On se pose alors sur un spot pas très sexy pour la nuit. Tabernas, nous y étions en 2019. Le premier désert que nous faisions avec Marley, notre 4×4.
Le désert de Tabernas, c’est le seul véritable désert d’Europe. Oui oui, pas besoin de traverser un océan pour se retrouver dans un décor aride. Il est là, en Andalousie, entre Almeria et Sorbas.
Tabernas a accueilli plus de 300 films : les westerns de Sergio Leone (Le Bon, la Brute et le Truand, Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus …), Lawrence d’Arabie, mais aussi Indiana Jones et la Dernière Croisade, Game of Thrones…
Bon, comme je te l’ai dit, le spot sur lequel nous nous sommes posés n’est pas sexy. Alors, nous décidons de nous installer proches du plateau de cinéma Exodus qui a été construit pour le film “Exodus : Gods & Kings”. C’est une superproduction de Ridley Scott sortie en 2014 avec Christian Bale dans le rôle de Moïse.
Mais pour l’heure, pas de visite encore aujourd’hui. On fait le choix de se poser et de travailler, au calme !
Le lendemain, nos amis Julie, Nicolas et leurs enfants nous rejoignent. Et en début d’après-midi, nous partons nous balader dans ces décors de cinéma. Contrairement aux décors western classiques que l’on peut voir dans des parcs comme Oasis Mini Hollywood ou Fort Bravo, le plateau “Exodus” n’est pas un village western mais une reconstitution d’un environnement de l’Égypte antique et de son contexte historique.
Les équipes ont construit des décors expressément pour le film dans des zones bien spécifiques du désert. Par ailleurs, ce ne sont pas des façades “classiques” de films spaghetti western, mais bien des structures bâties pour recréer des habitats, ruelles et quartiers tels qu’imaginés pour la scène du film. Certaines zones comme des rues de maisons en pierre sèche avec fenêtres étroites, ont été utilisées pour représenter un ghetto ou des parties d’une cité antique, même si beaucoup de la “ville” dans le film final est rehaussée par effets spéciaux numériques.
C’est vraiment chouette de pouvoir se balader ici et de se rendre compte de ce à quoi ressemblent les décors de films ! Et puis, évidemment, nous avons regardé le film. Et c’était drôle de reconnaître certains lieux, en particulier dans le village des juifs. Les enfants ont pu vraiment appréhender autrement le film.






























Après une belle nuit de sommeil dans le silence du désert, ce sont nos amis Élodie et Romuald qui nous rejoignent. Et c’est l’occasion de fêter l’anniversaire de Julie. C’est toujours quelque chose de fêter son anniversaire entouré.e d’autres voyageurs. Au menu de ce goûter : gâteau aux pommes, carrot cake sans gluten et çay turc !
Après 3 jours de pause, nous partons pour visiter le site archéologique de Los Millares. Arrivés sur place, nous découvrons que le site ouvre de 10h à 14h… Bon, il est déjà midi. Le temps de manger, il sera trop tard. Nous décidons donc de faire la visite le lendemain.
Los Millares est une ville préhistorique fortifiée qui apparaît autour de 3200 av. J.-C, à l’âge de cuivre. On peut y voir les vestiges du village entouré de quatre lignes de murs concentriques. Ces murs servaient à défendre le village. Il y a aussi, en dehors de ces murs, une grande nécropole qui comptait environ 80 tombes collectives avec des chambres funéraires. Et puis, il y a aussi des traces d’ateliers dans lesquels les habitants, qui vivaient d’élevage et de culture, travaillaient aussi le cuivre pour fabriquer des outils et des armes. Dans le centre d’interprétation, on découvre des informations qui nous permettent de mieux comprendre la vie et l’organisation dans ce village.




















De retour de cette jolie balade entre ruines et nature, nous fêtons les 3 ans de la fille d’Élodie et Romuald. Encore un anniversaire ! Mais celui-ci est un vrai petit évènement pour une toute jeune nomade qui peut partager ce moment privilégié entourée de ses copains !
Après deux nuits venteuses sur le parking de ce site, nous prenons la route avec pour objectif de se trouver un spot à l’abri. La météo annonce l’arrivée de la tempête Kristin avec beaucoup de pluie et énormément de vent. On quitte donc, tous ensemble, le désert de Tabernas qui est très exposé pour se réfugier dans le village de Berja. Les deux premières journées sont douces. Mais les deux jours suivants, nous avons le droit à énormément de pluie et beaucoup de vent. Nous pouvons même offrir un service pédiluve à l’entrée de Yamato !!! Heureusement, nous sommes plutôt abrités et, même si nous sommes secoués, nous nous sentons en sécurité.
Le lendemain, avant de partir, nous allons avec Élodie et Romuald dans le village de Berja et en particulier dans une churreria pour nous offrir des churros avec un chocolat chaud très épais, comme une crème! Les churros sont des bâtonnets de pâte frite, faits avec une pâte très simple : farine + eau + sel (parfois un peu d’huile). On la poche à l’aide d’une douille étoilée pour donner ces fameuses rainures, puis hop, dans l’huile bien chaude.
J’ai recherché l’origine des churros et il existe deux grandes théories. Le première serait que les bergers, dans les montagnes, faisaient frire cette pâte facile à préparer au feu de camp. Le nom “churro” viendrait même d’une race de moutons appelée “Churra”. La seconde vient d’historiens qui pensent que les explorateurs portugais auraient rapporté une version du youtiao (beignet frit chinois), qui aurait été adaptée en Espagne.
Alors, est-ce que c’est gras ? Oui. Est-ce que c’est sucré ? Oui. Est-ce que ça rend heureux ? Absolument !










Après cette pause gourmande et le soleil revenu, on change de spot aujourd’hui ! On a besoin de faire quelques courses et le plein d’eau. Mais pour ce dernier, c’est raté… Il est vraiment compliqué de trouver des lieux où l’on peut remplir nos réservoirs d’eau dans ce coin de l’Espagne !
On vient se poser dans les hauteurs de Mijas, sur une ancienne carrière de calcaire. Et la route pour arriver grimpe fort ! Vraiment très très fort. À tel point que l’on s’est quand même demandé si nous allions réussir à atteindre le sommet de la côte … (désolée, avec le stress, je n’ai pas pensé à prendre de photos !). Nous nous posons donc sur ce lieu pendant deux jours avec un soleil timide, mais pas de pluie ni de vent. Nous en profitons pour aller nous balader sur les hauteurs de cette carrière. Et, à notre retour, nous avons même la joie d’avoir la visite de 5 petits bouquetins ibériques !












Ce passage dans le désert de Tabernas nous a ainsi rappelé une chose essentielle : la route n’est jamais linéaire.
Il y a des spots pas très sexy, des tempêtes qui secouent Yamato, des horaires d’ouverture qu’on découvre trop tard… Et puis il y a les anniversaires au milieu de nulle part, les décors de cinéma qui réveillent l’imaginaire, les ruines préhistoriques qui nous reconnectent au temps long, les churros brûlants partagés sous la pluie, et cinq bouquetins venus nous saluer comme si c’était la chose la plus normale du monde.
Voyager en famille, ce n’est pas cocher des cases sur une carte. C’est vivre des moments imparfaits, intenses, parfois boueux… mais profondément vivants.
Le désert de Tabernas a été un terrain de jeu, un décor de cinéma, une leçon d’histoire et un immense espace pour respirer.
Et toi, est-ce que tu as déjà visité un désert ? Ou un lieu qui t’a donné l’impression d’être dans un film ? Raconte-moi en commentaire, j’adore lire vos expériences.





