Le désert du Sahara, hors du temps

Le désert du Sahara, hors du temps

C’est près de Rissani que commence notre vadrouille dans le désert. Nous trouvons un joli spot perdu sur les bords de l’oued Gheris. Le lendemain, nous partons pour Merzouga et ses dunes, les plus hautes du Maroc au sein de l’erg Chebbi. Nous n’y passons qu’une nuit, car notre instant nous dit de poursuivre notre route.

Ainsi, après un bon petit-déjeuner, nous partons pour Taouz, d’où nous emprunterons notre deuxième piste marocaine au coeur du désert. À Taouz, nous croisons Mohammed qui va prendre le temps de donner des conseils à Yannick sur notre itinéraire. Et, en particulier, sur la traversée des oueds Gheris et El Ma’der, à partir de Ramlia. Il ne veut pas que nous soyons seuls pour les traverser. Il passe alors un appel à un ami. Nous ne savons pas exactement ce qu’ils se sont dit, mais nous savons qu’à Ramlia on nous attend. Serein, et nous aussi, il nous laisse partir. Nous entamons donc la piste sur laquelle nous croisons de nombreux camions revenant d’une mine. L’un des conducteurs s’arrête pour nous offrir une géode !

Jusqu’à Ramlia, la piste est plutôt bonne et les paysages sont vraiment magnifiques ! Arrivés à Ramlia, nous nous arrêtons en pensant que ce serait notre pause pour la nuit. Mais c’était sans compter sur la présence d’un homme qui nous invite à le suivre jusqu’à Sidi Ali Tafraoute. Ainsi, il nous permettra d’éviter les oueds et le fameux fech fech, un sable qui ressemble à de la farine et dans lequel nous risquerions de nous ensabler. Et dans le désert, pas question de prendre ce risque !

Alors, c’est reparti ! Au plus grand regret des enfants (et du mien) qui sont fatigués ! Mais, il faut saisir cette opportunité (signe que notre instant avait senti la veille). Nous suivons donc Mohammed qui sert de taxis à des Marocains. Nous le suivons sur environ 60 km en slalomant entre les tamaris, les bras des oueds asséchés et les plaines. Arrivés à Sidi Ali Tafraoute, à la nuit tombée, nous nous posons à l’auberge Kem Kem pour nous reposer. Nous y dégustons un thé à la menthe et un tajine de légumes..

Le lendemain, nous repartons décidés à finir les 82 km qu’il nous reste. Nous admirons les paysages qui nous entourent. Nous arrivons enfin à Tazzarine, après avoir parcouru 252 km en 9 h. Ce fut intense, éprouvant, épuisant, mais magnifique et époustouflant. Nous sommes fiers de nos louveteaux pour qui ce fût éreintant. Et, pour ma part, je me suis découvert des compétences de conduite que je ne soupçonnais pas.

Après ces deux grosses journées, nous décidons de nous poser au camping La Palmeraie à Amezrou. Nous y resterons trois jours pendant lesquels les filles ont pu récupérer d’un vilain virus venu les attaquer. Pendant cette pause, nous faisons la connaissance de Thomas et Anna, un jeune couple suisse avec qui nous échangeons longuement (parfait pour améliorer notre anglais !). Nous parlons voyage, spot, organisation… et nous nous trouvons de nombreux points communs, bien qu’ils n’aient pas d’enfants.

Après trois jours de repos, nous reprenons la route pour Mhamid, située à la lisière du désert du Sahara. Nous nous posons chez Saïd, au camp Hassi Smara. Le lieu est magique ! Nous assistons à un fabuleux coucher de soleil, sur les dunes, entourés des dromadaires. Le soir, nous dînons autour d’un feu de camp, accompagnés de Vincent, Magali et Rose. Cette famille française vit en Thaïlande depuis 20 ans. Ils ont décidé de faire une parenthèse d’un an dans leur vie pour découvrir l’Europe. Nous dégustons le meilleur tajine de légumes que nous ayons mangé. La soirée se poursuit au son des musiques et des chants touaregs. Nous avons vécu la plus belle soirée marocaine !

Le lendemain nous repartons pour notre troisième piste entre Tagounite et Foum Zguid. Après une heure de route, nous nous arrêtons pour la nuit, au milieu de nulle part. Dans la nuit, la pluie s’est mise à tomber. Elle ne s’arrêtera pas de la journée. Nous restons donc à l’abri dans notre Louvière..

Après cette journée pluvieuse, mais ô combien attendue pour redonner vie aux terres asséchées du désert, nous reprenons la route ! Nous sommes conscients que la piste aura énormément changé, mais nous devons avancer. En effet, les oueds se sont un peu remplis, mais pas suffisamment pour nous empêcher de passer… Ou presque, car nous avons tout de même dû faire quelques kilomètres supplémentaires le long d’un oued pour trouver un passage !

Nous arrivons pour le déjeuner à l’Oasis Sacrée d’Où Lâalag. Cette Oasis, surgie tel un mirage au cœur du désert, est située sur l’ancienne route de Tombouctou. On dit qu’elle est sacrée, car elle possède la richesse la plus précieuse du désert : l’eau. Selon une vieille croyance populaire, une âme protectrice habite la source. On y trouve un ancien bivouac laissé à l’abandon en raison de la baisse de l’activité nomade et des conditions climatiques de plus en plus dures. C’est dommage, car ce bivouac avait une volonté de développement d’un tourisme écologique. Même s’il n’existe plus, les personnes présentes continuent à y respecter des règles strictes et respectueuses de l’environnement. L’Oasis, en partie protégée, comporte un espace réservé à l’agriculteur ainsi qu’une réserve naturelle pour la faune et la flore.

Le lendemain, nous rencontrons Khouna et son cousin. Ils vivent une partie de l’année dans l’Oasis pour accueillir les touristes venus faire une halte entre Mhamid et l’erg de chegaga. Khouna nous propose de nous accompagner pour nous rapprocher des dunes de Chegaga. Forcément, nous acceptons ! Avec la pluie tombée deux jours auparavant, nous avons la chance de découvrir, devant les 40 km de dunes, le lac de Chegaga se dessiner.

Nous rencontrons des gardes civils, présents pour prévenir des urgences en cas d’accident ou d’ensablement. L’un des gardes nous explique qu’il est très rare de voir le lac rempli. La dernière fois que la pluie était tombée, c’était il y a trois ans ! Nous savourons ce moment autour d’un thé à la menthe.

Nous ramenons, ensuite, Khouna à l’Oasis Sacrée, et nous reprenons la route pendant 4 h 30. Sur la piste, nous rencontrons un poste militaire. Après avoir pris nos passeports, le soldat nous informe que nous ne pouvons pas emprunter la piste qui traverse le lac d’Iriqui. Après la pluie, l’eau a repris possession du territoire pour plusieurs jours. Nous sommes donc obligés de passer le long de la montagne. un peu déçus, nous continuons notre route toujours contents de voir la nature s’exprimer.

Nous nous rapprochons de Foum Zguid, mais nous avons envie de passer une dernière nuit dans le désert, loin des villes et de toute connexion. Notre nuit est douce et nous nous réveillons en entendant deux fennecs se chamailler… Une belle journée qui commence ! Nous finissons les 20 km de piste qui nous séparent de la route bitumée. Nous passons un dernier poste militaire. Le soldat nous arrête avec le sourire. Avec Yannick, ils prennent le temps de discuter, et de plaisanter !

Arrivés à Foum Zguid, nous faisons le plein de fruits et de légumes, nous allons nous poser au camping La Palmeraie. Nous en profitons pour laver Marley qui est hyper sale. En faisant le tour de notre équipement, nous nous apercevons que notre frigo ne fonctionne pas. En le démontant, Yannick constate que le condensateur polarisé avait cassé. Nous avons demandé au propriétaire du camping s’il connaissait quelqu’un qui pourrait nous le réparer. Deux heures après, un homme est arrivé en mobylette avec un fer à souder. Trente minutes plus tard, notre réparateur en or a réussi à réparer notre frigo !!!

Nous repartons le lendemain après avoir échangé avec un couple espagnol qui voyage en 4×4. Notre trajet sur l’Ouest marocain se redessine. Nous nous posons l’après-midi dans le lit d’un oued près d’Akka Nait Sidi Tanzida. Pendant que je prépare des crêpes pour le goûter, trois jeunes garçons trainent autour de nous, curieux de voir nos louveteaux jouer avec leur Lego. Nous pensions rester sur place le lendemain, mais nous assistons à un ballet de camions venus charger leur remorque de sable. Les hommes sont courageux, car c’est avec une simple pelle qu’ils transvasent le sable de l’oued à leur camion. L’idée de rester, avec le bruit et la poussière, ne nous emballe pas.

Nous repartons donc vers Tata et nous nous arrêtons sur un plateau entouré de montagnes. Nous avons des voisins : une famille de nomades, avec leurs chèvres. Le papa vient nous voir avec ses trois enfants. Son petit garçon de deux ans s’est blessé au front en tombante sur une pierre. La blessure n’est pas jolie. Yannick le soigne et donne au papa un kit de soin.

Le lendemain, après fait un arrêt à Tata pour faire le plein de courses, nous nous arrêtons près de Laqbaba. Nous faisons une séance décorations de Noël sur Marley. Les enfants prennent plaisir à dessiner sur les fenêtres (et moi aussi) pour avoir l’esprit de Noël dans notre chez nous.

Après une nuit animée par les aboiements de chiens, nous partons trouver un spot dans un désert de roche, près de Icht. Anna et Thomas, que nous avions rencontrés à Amezrou, nous avaient partagé sa localisation. Après une heure de piste, nous arrivons. Le lieu est magnifique ! Quelques arbustes, des palmiers, une montagne, des dunes de sable, un puits. C’est sûr, même sans connexion, nous allons rester ici pour le week-end.

Pendant que nous nous installons, les enfants prennent possession de la dune et Yannick part chercher du bois pour faire un feu. Nous partons ensuite nous balader. Anna et Thomas nous avaient parlé de gravures rupestres. En les cherchant, nous trouvons des empreintes de dromadaires, de chacals et d’oiseaux. Mais pas de gravures ! Tant pis, nous partirons explorer à nouveau les lieux le lendemain. Nous profitons de la tombée de la nuit pour observer le superbe ciel étoilé et le lever de la pleine lune. En bonne meute, nous lançons des hurlements…. et les chacals nous répondent !!! Impressionnés et peu rassurés, nous montons dans la tente.

Le lendemain, nous profitons de la douceur matinale pour aller chercher les gravures rupestres. Et c’est Liam qui mène la marche. Nous les découvrons enfin : des buffles, des gazelles. Nous découvrons également des fossiles, dont une mystérieuse en forme d’étoile. Pendant notre parès-midi, nous confectionnerons des crêpes et des chapatis, à lire et à jouer dans les dunes de sable. Notre dernière soirée sera magique avec le passage d’une superbe étoile filante…

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