Entre les oasis et les gorges marocaines

Entre les oasis et les gorges marocaines

Nous avons envie de découvrir les oasis, les gorges et le désert marocain ! Trouver de jolis spots en pleine nature dans le nord (au-dessus d’Agadir) est définitivement compliqué ! Nous commençons donc par faire une première pause dans le camping « Le jardin de Koudya » à quelques kilomètres avant Taroudant. Yannick profite d’un temps privilégié avec un jeune marocain pour discuter de nos différences culturelles et politiques. Un moment riche, mais sur lequel je ne m’étendrai pas pour préserver ce garçon qui s’est livré à nous.

Le lendemain, nous faisons une pause à Taroudant. La ville, surnommée la « Petite Marrakech », est cachée derrière ses 7,5 km de remparts en terre rouge. Nous rencontrons Ismane qui nous guide, et nous sommes ainsi plongés dans son atmosphère paisible. A travers le souk arabe, nous trouvons des boutiques d’antiquités et de souvenirs. Le souk berbère nous dévoile ses tapis, ses bijoux, son huile d’argan, sa maroquinerie et sa poterie. Nous avons ainsi pu échanger avec quelques artisans de ce souk : un bijoutier qui nous a montré comment il fabrique le bijou emblématique de la ville ; un homme qui nous a expliqué le procédé de fabrication de l’huile d’argan ; ou un autre qui tient une pharmacie berbère et qui nous a raconté tous les secrets de ses potions et épices. Ismane nous a également conduits au raid que l’épouse du roi d’Iran s’est offert dans la ville.

Après cette balade citadine, nous avons trouvé un joli spot dans la vallée du Souss, au bord du barrage d’Aouloud.

Le lendemain, nous avons passé la matinée sur la route entre l’Atlas et l’Anti-Atlas. Nous nous posons sur les bords du barrage de Taghaddoute. Dans l’après-midi, les chèvres sont venues nous rendre visite et surtout déguster les jeunes pousses des arganiers qui nous entouraient. Le vent et le froid se sont vite installés. Yannick nous a donc préparé un bon feu pour nous réchauffer. Quel plaisir !

Après une nuit un peu fraîche, nous reprenons la route pour découvrir le Ksar d’Aït-Ben-Haddou, village construit sur une colline, au bord de l’oued Maleh. On y trouve de vieilles habitations en terre rouge, certaines dateraient du 17ème siècle. Le cinéma a fait d’Aït-Ben-Haddou un lieu célèbre grâce à des films comme Lawrence d’Arabie, la Momie, Gladiator, Prince of Persia ainsi que la série Game of Thrones. Nous avons parcouru les ruelles du village, croisant des vendeurs de tapis, de petits souvenirs, de bijoux, mais aussi des artistes qui créent de tableaux avec du thé, du safran et de l’indigo. Après avec dilué chacun des trois ingrédients dans de l’eau, ils peignent avec un pinceau sur une feuille. Au départ, l’œuvre est transparente. Pour faire apparaître les couleurs, l’artiste passe sa feuille au-dessus d’une flamme. Et, comme par magie, l’œuvre dévoile de magnifiques couleurs marron, ocre et bleues.

Après cette chouette visite, nous reprenons alors la route en direction de l’Oasis de Fint, où nous allons prendre le temps. En arrivant, un homme nous alpague et veut absolument que nous allions nous installer dans l’une des auberges du village. Il nous aura fallu presque une heure pour lui faire comprendre que nous voulions simplement bivouaquer sur les bords de l’Oued Fint. Nous franchissons alors le gué et nous nous installons entre l’Oued et les palmiers. En fin d’après-midi, nous avons la visite d’Hassan, un habitant du village de Tahrbalite, au coeur de l’oasis. Il nous invite à venir chez lui, le lendemain pour partager un thé. Nous passons la soirée en douceur et la nuit est ponctuée de réveils dus aux hennissements des ânes !

Le lendemain matin, Hassan vient nous chercher et nous conduit chez lui. Nous nous installons dans son salon et il nous sert un thé accompagné d’un tajine d’œufs, que sa femme nous a préparé. Elle passe nous dire bonjour, mais repart bien vite… dommage ! Après un temps d’échanges avec Hassan, nous repartons retrouver Marley. Il nous accompagne et nous fait visiter le village abandonné de Belrizi. Il ne reste là-bas que 19 familles qui y vivent encore. L’atmosphère des lieux est fantomatique mais elle n’enlève rien à son charme. Il nous offre une magnifique vue sur l’oasis.

Nous voici revenus à notre Louvière. Les enfants jouent et nous travaillons en attendant l’heure du déjeuner. Soudain, Hassan apparaît avec du thé, du pain et un tajine de légumes. Quelle surprise ! Pour le remercier, nous lui donnons des vêtements, que Liam ne mettait plus, pour son petit garçon. Mais cela ne lui convient pas… il nous réclame de l’argent… nous lui donnons le quelques dirhams qu’il nous reste en lui expliquant que nous ne lui avions rien demandé et que nous ne trouvons pas cela normal. Avec un grand sourire, il nous invite à manger un couscous chez lui le lendemain. Nous lui disons que c’est un plaisir, mais lui faisons aussi bien comprendre que nous n’aurons pas d’argent à lui donner. Pas de soucis pour lui, il nous dit qu’il nous l’offre avec plaisir. Trop naïfs (?), nous acceptons donc son invitation.

Le lendemain donc, Hassan vient nous chercher. Il nous installe dans son salon et nous apporte le couscous de légumes. Nous nous sentons assez mal à l’aise, car nous sommes seuls à manger. Hassan mange avec sa femme dans une pièce à côté… du coup, nous mangeons vite et, bien que cela soit bon, nous ne prenons pas vraiment de plaisir.

Hassan tient à nous raccompagner jusqu’à Marley. Sur le chemin, il donne son adresse à Yannick et lui demande que nous lui envoyions un smartphone… gentiment, nous lui expliquons que, même avec notre statut d’Européens, nous ne pourrons répondre positivement à sa demande. Malgré tout, il insiste lourdement ! Il finit par repartir et nous en profitons pour partir nous balader dans l’oued et profiter de son calme. Cela nous fait beaucoup de bien après cette expérience ! Nous sommes tellement tristes de voir que les invitations amicales se transforment en relations financières… La douceur de vivre que nous pensions trouver à Fint a ainsi laissé place à un mal-être.

Nous décidons donc de quitter l’oasis le lendemain matin de bonne heure pour les Gorges de Dadès situées entre le Haut Atlas et le Djebel Saghro…

Et c’est parti pour notre première piste entre les Gorges de Dadès et les Gorges de Todra. Elle débute au sud de Ait Amelouk pour se terminer à Tamtattouchte. La piste est très caillouteuse et sinueuse, car nous suivons le cours de l’oued. Nous roulons (très) doucement pour éviter d’être trop secoués. Nous passons deux cols dont quelques parties se sont effondrées. Le passage de certaines épingles est un peu tendu, mais, en étant vigilant, ça passe. Au fond de l’oued, il y a beaucoup de gros cailloux, le compteur ne dépasse pas les 20 km/h pour progresser sans risque.

À la sortie des Gorges et de l’oued, on retrouve une piste sans difficulté. Sur le chemin, nous croisons plusieurs Berbères venus faire paître leurs troupeaux de chèvres et de moutons. Ils nous font tout de même un peu peur, car, dès qu’ils nous voient, ils se précipitent sur nous en courant et se jettent presque sur Marley pour nous demander de l’argent ou de la nourriture.

Les paysages sont impressionnants. D’immenses massifs rocheux, de couleur ocre et parfois rouge, nous entourent. En montant les cols, nous avons une très belle vue sur les Gorges.

Au bout de 4 heures de piste, nous sommes épuisés, nous décidons donc de ne pas la finir et nous faisons une pause pour la nuit chez Hssain qui tient le seul camping qui est sur la piste. Loin des villes, le calme est présent, il nous apaise, et, surtout, le ciel nous offre un spectacle étoilé merveilleux !

Après une nuit reposante, nous reprenons la route pour finir la piste. Nous arrivons enfin à Tamtattouche et, mine de rien, nous sommes contents de retrouver la route goudronnée.

Nous traversons les Gorges de Todra. Ô merveille ! La route longe l’oued et nous sommes enveloppés de falaises pouvant atteindre jusqu’à 300 m de haut. Nous arrivons dans le cœur des Gorges, où l’eau coule à flots. Un vrai cadeau après les 42 km de piste. En suivant le Todra, nous voyons une vaste palmeraie, au coeur d’un oasis, où les agriculteurs cultivent des pommiers, des dattiers, ainsi que les menthes traditionnelles marocaines.

Nous arrivons à Toudgha El Oulia, et nous décidons de poser chez « Les Mabrouk » pour deux jours de repos. Afida qui gère les lieux avec ses parents, ses frères et ses sœurs nous accueille. L’accueil est chaleureux ! Et la vue sur l’oasis est superbe ! Nous nous installons et nous sommes tout de suite invités à venir partager un thé à la menthe. On se sent bien, comme à la maison ! Nous faisons nos « corvées » de nomades avec la lessive, le plein d’eau et également le nettoyage de Marley et de notre Louvière. Le soir, le papa d’Adidas nous convie à venir partager leur couscous familial. Un délice !

Le lendemain, pendant que les enfants jouent et que Yannick travaille, je pars avec Afida, et Maïa, jusqu’à Tinghir pour faire quelques courses. Nous parcourons environ 2 km pour rejoindre le souk de la ville. Là où nous ne devions acheter que de l’alimentaire, notre virée se transforme en shopping pour Afida… Cela commence à être long, surtout pour ma mini louvette qui finit par s’endormir dans mes bras ! Pour le retour, Afida décide alors d’appeler son frère pour qu’il vienne nous chercher avec sa voiture. Nous passons une chouette fin de journée au sein de cette famille.

Nous repartons le lendemain de chez les Mabrouk, que nous espérons revoir, Inch Allah ! De nouvelles découvertes vont s’offrir à nous… direction le désert ! Nous disons ainsi à bientôt aux oasis !

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2 commentaires sur “Entre les oasis et les gorges marocaines”

  • 1
    wecampontheroad le 25 février 2020

    tres difficile de savoir si le partage est interresse.c’est pourquoi nous n’acceptons que tres rarement les invitations.lors de notre dernier voyage il y a un an nous n’avons eu aucun probleme sans doute parceque nous avons beaucoup de pistes et tres peu de villes ou villages.toute nos rencontres se sont faites au bord des pistes dans le desert et ont toutes ėtėes agreables.

  • 2
    Sylviana le 26 février 2020

    J’avoue que nous avons été plutôt méfiants ensuite. Et nous avons préféré aussi les pistes où nous ne rencontrions peu de monde.

Les commentaires sont clos