A la rencontre des araignées

12. juin 2018 Informel 0
A la rencontre des araignées

Cette semaine, nous sommes allés au Muséum d’Histoire Naturelle pour découvrir le monde fascinant des araignées.

Je vous avoue qu’à la maison, ces petites bestioles ne sont pas vraiment en honneur de sainteté. Je pourrai même aller jusqu’à dire qu’elles nous terrifient, nous font tourner le sang dans tous les sens quand nous les voyons. Sans vous parler de ma propre peur, rien qu’à moi, depuis toujours. Petites, grandes, j’ai dû mal à gérer ces rencontres.

Du coup, quand j’ai vu qu’une exposition leur était dédiée, je me suis dit que c’était la bonne occasion de mieux les connaître, savoir comment elles vivent, pourquoi est-ce qu’elles sont sur Terre.

C’est donc parti pour un après-midi arachnide  pour en apprendre plus sur ces bestioles.

Qu’est ce qu’une araignée ?

Comme les insectes, les araignées possèdent un squelette externe et des pattes articulées. Mais à y regarder plus près, les différences sont nombreuses. Elles ont un corps en 2 parties : le céphalothorax qui est à la fois la tête et le thorax de l’araignée et l’abdomen qui constitue le corps de l’araignée) ; 8 pattes locomotrices qui lui donne souplesse et vitesse ; 2 pédipalpes qui jouent le même rôle que les antennes chez les insectes et qui sont aussi les organes reproducteurs ; 2 chélicères qui portent les crochets à venin ; les filières d’où s’écoule un liquide qui, au contact de l’air, se solidifie pour donner la soie avec laquelle l’araignée construira sa toile.

Les premières traces fossiles d’araignées datent de 305 millions d’années, bien avant les dinosaures et les mammifères.

 

Aujourd’hui, il existe 47 000 espèces d’araignées, de formes, de tailles et de couleurs différentes, dans le monde.

 

Vous découvrirez en suivant ce lien des araignées absolument magnifiques … de vraies bijoux !

De fabuleuses tisseuses

Selon la mythologie grecque, Arachnée était une tisseuse remarquable. Elle a été transformée en araignée par la déesse Athéna, et elle fut condamnée, ainsi que ses descendantes, à vivre suspendue à un fil. Pas sûre que cette condamnation soit une malédiction car Athéna a sans doute offert aux araignées un merveilleux cadeau :  un fil aux propriétés étonnantes.

Ce fil qui paraît si fragile tellement il est fin, est en réalité un matériau étonnant. Il est résistant, léger et flexible. Il est plus solide que l’acier (un fil de 1.2 cm pourrait soulever un bus).

Son secret ? il est composé de millier de fils encore plus fins, appelés fibrilles. L’araignée les assemble entre eux afin d’obtenir une soie de nature différente pour chaque usage.

Toutes les araignées ne tissent pas de toiles. même si elles fabriquent toutes de la soie. On peut en rencontrer courant sur le sol, comme l’araignée-loup, ou à l’affût sur une fleur, comme l’araignée-crabe. D’autres creusent des terriers dans le sol grâce à un outil en forme de râteau situé sur les chélicères.

Il faut aux araignées une à deux heures de travail pour obtenir une belle toile géométrique. Si elle est abîmée par le temps ou une proie, l’araignée la mange avant d’en reconstruire une.

La forme des toiles peut être très différente. Horizontales, verticales, en cloche, en réseau … Certaines araignées vivent même en groupe et construisent des toiles qui peuvent s’étendre sur plusieurs de mètres.

 

Les mythes sur les araignées

En occident, on pense que les araignées sont dangereuses qu’importe leur taille ou même leur espèce. Elles sont l’objet des légendes les plus tenaces.

En Afrique  on dit que les araignées sont sages et intelligentes. Elle prédit l’avenir et représente la puissance des chefs ou des guerriers dont elle assure la victoire.

Son habileté à tisser luis confère aussi un rôle dans divers mythes fondateurs, comme chez les Aborigènes d’Australie ou les Indiens Cherokees. Elle est considérée comme une experte en matière de tissage ou de vannerie, enseignant son savoir aux hommes.

Les espèces de notre région

Dans les Pays de la Loire, environ 700 espèces ont été recensées sur les 1600 qui vivent en France.

Certaines sont présentes dans nos maisons comme la Tégénaire qui se déplace le soir ou au fond de la baignoire, ou encore dans nos jardins comme l’Argiope frelon qui est visible l’été lorsque la végétation lui permet de tisser sa toile.

 

 

 

 

 

 

 

On trouve également des araignées dans les milieux secs comme les landes et les pelouses calcaires. On y retrouve l’Erèse coccinelle ou bien encore l’Araignée-loup.

 

 

 

 

 

 

 

Elles adorent aussi les endroits humides, frais et peu ensoleillés comme les forêts. On les trouvera au sol, dans les hautes herbes mais aussi la canopée. Certaines vivent dans les écorces alors que d’autres utilisent les bois morts ou sur pied comme abri. On pourra y observer l’Egirone périscope ou bien l’Anyphène à chevrons qui chasse à l’affût sur les feuille des arbres.

On pourra les observer aussi sur les bords de Loire qui constituent un habitat chaud et sec. Sur ces zones sableuses, on retrouvera des araignées comme la Lycose cendrée ou encore la Titanoèque hispanique.

Nous pouvons également les trouver en bord de mer et sur le littoral. Elles se sont adaptées pour vivre sur ces lieux hostiles (salinité, forte chaleur). la Lycose ou l’araignée ours des sables ont développé un mimétisme qui les rend invisibles lorsqu’elles sont immobiles. Dans les marais salés, la Pardose des schorres est capable de survivre aux immersions régulières de la marée.

Mais à quoi servent-elles ?

Les hommes s’intéressent beaucoup à ce que peut apporter l’araignée. On étudie son fil pour fabriquer des vêtements, des parachutes ou encore des gilets pares-balles. Dans le milieu médical, on s’y intéresse pour des fils de suture ou pour la fabrication de prothèses. La médecine étudie également son venin pour fabriquer des médicaments car il a des propriétés thérapeutiques.

Et puis les araignées sont utiles pour l’équilibre de la nature. Elles mangent environ 400 millions d’insectes par hectare, chaque année en France. Sans leur action, nous serions très rapidement envahis par d’autres bestioles pas forcément très sympathiques pour nous, certaines attaquant les cultures, d’autres directement les hommes et transmettant des maladies.

De plus, l’araignée un un bon indicateur biologique. Sa présence, en nombre et en espèces variées, témoigne de la bonne santé d’un milieu naturel. Plus le milieu sera pollué, moins il y aura d’insectes, et s’il y a moins d’insectes, il y aura d’araignées car elles sont privées de leurs proies.

Cette exposition nous a beaucoup intéressés. Nous avons pu en apprendre plus sur les araignées, à mieux les connaître et savoir à quoi elles servent. Nous avons juste été un peu déçus de ne pas avoir vu plus de spécimens vivants.

Bon, je vous avoue quand même que je ne me sens toujours pas rassurée à l’idée d’en rencontrer une dans la maison. Elles sont bien dehors, et je suis contente de les y voir car je me dis que si elle sont là, c’est que leur environnement est sain (ou presque!)