Notre crise de foi …

26. janvier 2018 Notre foi 0
Notre crise de foi …

Je crois que nous sommes en train de vivre une étape importante sur notre chemin de vie spirituel. Et plutôt qu’éluder la question de cette situation, nous avons décidé de l’analyser et de la vivre pleinement.

On entend assez peu parler de ces expériences, comme si nous étions mal à l’aise devant une situation qui ne devrait pas se produire. Or, pour nous, ces crises font partie du chemin de la vie spirituelle.

Il ne s’agit pas de parler de quelque chose d’imaginaire, mais de parler de nous, de quelque chose qui nous arrive et qui a de fortes chances d’arriver à n’importe qui, un jour ou l’autre.

Nous avons appris il y a peu que Mère Térésa a vécu une telle expérience pendant 50 ans. La Sainte de Calcutta a ainsi vécu jusqu’à sa mort et cachée derrière ses sourires, une longue et épaisse nuit spirituelle.

Au départ …

Il y a eu cette rencontre avec le Christ, comme une évidence, quelque chose de naturel qui s’est installé en nous et avec nous, dans la famille. Pendant quelques années, nous avons « milité » dans notre foi pour la propager, annoncer la Bonne Nouvelle (aussi connue sous le nom d’Évangile !) et surtout pour montrer une autre image des « cathos », différente de celle que nous avions eu quand nous étions jeunes. Yannick dépeignait cette image avec souvent des phrases sympathiques, comme « les gens avec un lourd passé catholique » pour parler avec ses mots des chrétiens qui ont toujours crûs, avant sa conversion il en avait toujours eu une impression très négative.

Notre style de vie, aux antipodes de celle des croyants, ne laissait en rien présager d’un tel tournant, au point que nous en avons surpris beaucoup, irrité pas mal aussi ! Mais nous vivions un sentiment très fort, tout notre être était débordant de l’Amour du Christ et nous nous laissions porter et guider par celui-ci !

Puis, après 6 années intenses, dans notre paroisse du centre ville, nous avons lâché nos engagements pour continuer vers d’autres horizons à porter notre foi.

Mais c’est une fois partis de Nantes que nous avons senti une sorte de « creux ». Comme plongés entre deux vagues, nous nous retrouvons perdus.

Mais pourquoi ressentir une telle crise ?

En partant de Nantes, nous avons lâché nos habitudes, nos routines et nos cercles de connaissances … L’arrivée en Martinique, aura été un fort catalyseur de remises en question. La première est que finalement Yannick ne se sentait pas lui même là-bas, mais une fois la tête relevée, nous avons continué de dérouler la liste des questions !

De nombreux points de crispations idéologiques auront divisés ces dernières années. C’est toujours dans ces moments de changements que la personnalité des gens se révèle.

Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité; un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté (W. Churchill)

Nous avons souvent le sentiment que malgré notre foi, nos opinions, nos ressentis, mais aussi nos sensibilités, nous ne sommes pas en phase avec les autres catholiques. Nous serions un peu comme des électrons libres, des marginaux dans l’Eglise mais pas dans notre foi … Drôle de sensation …

Depuis le début, je pense que le prêtre qui a vécu avec nous notre conversion le confirmerait, notre façon de vivre notre foi était « à part ». Nous n’aimons pas les codes ni rentrer dans des petites cases. Nous vivons les choses avec notre cœur.

Et donc forcément, avec ce voyage, nous avons lâché nos habitudes et questionné notre quotidien.

Nous ne nous sentons pas moins croyants, mais nous nous questionnons globalement sur la façon de suivre le message du Christ. Ce message qui est tout sauf figé, tout sauf sclérosé, tout sauf rejet … Pourtant aujourd’hui, nous ne nous reconnaissons plus beaucoup dans le message véhiculé par beaucoup. Le message d’amour laisse la place à la méfiance de l’autre, au rejet du différent … Nous ne nous reconnaissons pas là.

Plutôt que de rejeter totalement notre foi, ce qui risquerait d’arriver si on se forçait à la vivre à contre-cœur, nous cheminons, à notre façon mais jamais isolés, nous questionnons aussi les gens autour de nous, athées ou anciens croyants, chacun avec son histoire nous aide à avancer et à méditer sur ce que nous ressentons au fond de nous.

Et maintenant ?

Maintenant, nous avançons, plein de nouveaux projets en tête, mais surtout avec la famille au cœur de toutes nos actions. L’amour est dans chacun de nos actes, chacune de nos paroles. Nous tentons de rester au mieux fidèles à la Parole que nous avons reçu et peut être sommes nous appelés à témoigner de notre foi d’une façon différente. Mais ce qui est certain, c’est que nous ressentons le besoin d’apprendre, d’échanger, de partager sur celle-ci !