Les p’tits boulangers !

05. décembre 2017 Informel 0

Aujourd’hui nous sommes partis à la découverte d’un métier passionnant, celui de boulanger.
Le pain, nous on adore, mais c’est vrai que la question de comment on le fait, voire même de le faire soi même est souvent passée à la trappe : le boulanger le fait très bien et les quelques tentatives précédentes ont souvent (tout le temps même) virées au fiasco.

Mais nous revoilà en piste, avec un pro cette fois !

Nous partons donc dans la toute dernière Biocoop ouverte à Nantes, celle des Hameaux (lien Facebook), sur la route de Paris. Elle fait partie d’un groupe de 5 magasins du département et met l’accent sur le local ! Peut être plus encore que les autres dans lesquelles nous étions allés précédemment. Ici, le pain est bon, mais genre vraiment. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de bonnes boulangeries sur Nantes, mais elles se font rares, trop rares … et le pain que l’on trouve en ville n’est souvent que de qualité très moyenne. Donc on sait qu’ici on met les pieds dans un endroit où le pain est de qualité, bio et en plus local, tout ce que nous aimons !

Là, Nicolas, boulanger expérimenté, nous attend avec son collègue Aziz qui sort de 15 mois de formation avec lui.

Après une rapide présentation, nous partons à la découverte des machines qui cohabitent avec ces artisans, mais surtout qui les aident au quotidien à réaliser un si bon produit.
Au milieu des pétrins, les enfants ont dû se sentir tout petits !

Puis Nicolas nous fait découvrir des éléments indispensables à son travail : de la farine, du minotier Giraudineau, un indépendant du sud de la Loire Atlantique, et son levain, un bon produit vivant car c’est la base d’un bon pain. (Pour en savoir plus sur le levain, c’est ici !)

Ensuite, passons à la pratique : Nicolas va nous apprendre à façonner notre pain !

C’est là une grande part de ce qui fait le pain à la française, cette façon de lui donner une forme, une allure, un style. Finalement, nos pains sont faits des mêmes produits, parfois même des mêmes quantités, mais le seul fait d’en changer la forme, en changera l’usage et même le goût.

Nous apprenons à façonner la boule, puis le bâtard et enfin la reine : la baguette parisienne !

Nicolas marquera des points auprès des enfants avec son mannelé version pain (on en reparle bientôt de ces petites gourmandises !).

Direction ensuite un tapis en lin pour se reposer sans que la pâte ne colle, un peu de farine, quelques coups de lame pour laisser le pain dégazer et lever plus joliment, puis dans le four.

 

Mais en attendant que le pain soit cuit, on a le temps de faire autre chose ! Et Nicolas nous a gâté, nous voilà parti pour faire des viennoiseries, à nous les pains au chocolat et les croissants !!!

Je vous vois venir : « Comment ça, pataing couffin, on parle bien de Chocolatine là et pas d’un bout de pain, alors que racontes-tu ? », mais j’y viens !

Alors le croissant et le pain au chocolat, c’est avant tout cette merveilleuse pâte quasiment frite dans le beurre, qui croustille et qui fond sur la langue … LE truc qui te donne envie de te lever le dimanche matin dans le froid matinal avant même les premiers rayons du soleil !

Pour faire cette pâte il nous faut, en plus du beurre, de la pâte à pain. Nous voilà donc bien avec du pain au chocolat … d’où son nom … bref voilà, je met un terme au débat !

Un fois façonné tout ça, hop dans le four aussi et le temps que ça cuise, on en profite pour échanger et en savoir plus, comme par exemple d’où la baguette vient elle ?

Cette baguette parisienne est originaire de Paris, on s’en doutait !
Nous voilà à la fin du 19ème siècle, dans le temps de la construction du métropolitain, les ouvriers achetaient le pain sous forme de grosses miches pour leur repas et ils étaient donc équipés de couteaux pour pouvoir « casser la croûte » le midi. Et comme on sait la capacité du métro parisien à réveiller l’instinct animal des gens civilisés, en plus du fait que la main d’oeuvre provinciale principalement auvergnate et bretonne est à « couteaux tirés », on en venait souvent à régler ses soucis à coups de couteaux. Monsieur Fulgence Bienvenüe, l’ingénieur du projet du métro, a voulu « couper » court à tout ça et a demandé au boulanger du coin de confectionner un pain à rompre à la main. Et voilà, la baguette était née ! Bon les ouvriers se mettaient toujours des « pains » à la figure mais il y eu moins de morts et de blessés graves … (source)

On a parlé aussi de la qualité des farines et de leurs spécificités, plus une farine tend à être complète, meilleure elle est pour la santé car elle est plus riche en nutriments. Il ne faudrait privilégier pas en dessous de la T80. Et puis de son engagement à travailler avec un minotier local, pour faire du pain local, un pain qui ressemble à sa région. Chaque région à son terroir, sa flore va influencer le caractère de sa céréale (ou même de sa graine, le sarrasin n’étant même pas une céréale) et va donner un rendu particulier à sa région. Chaque région a finalement le pain qui lui ressemble, et pas une offre uniforme et globale pour un terroir comme le notre.

Battons nous pour notre pain (mais sans couteau si possible !) et surtout aimons nos boulangers, les vrais, car le bon pain, comme le bon vin, est un des éléments fondateurs de notre culture.

 

On voudrait en profiter pour remercier encore une fois Nicolas et Aziz de nous avoir accueilli, d’avoir pris le temps de nous montrer leur métier et de nous avoir partagé un peu de leur savoir faire. Merci aussi à eux de faire avec le cœur un si beau métier !

Sur ce, on va prendre notre petit déjeuner même s’il est 20h !