Premier mois, l’heure de faire un petit bilan !

Comme le disait un groupe en 2000 (ce qui ne nous rajeuni pas !) : « qui aurait pu s’imaginer que le temps se serait si vite écoulé, on fait le bilan, calmement en s’remémorant chaque instant ». Eux, ce sont les Neg’ Marrons, un groupe qui est revenu à ma mémoire il y a quelques jours en visite à la savane des esclaves.

Et à nous aussi de dresser un premier bilan, après un mois sur l’île, mois plein de découvertes et aussi d’incertitudes …

Alors voilà, après une première semaine très compliquée nous avons décidé de prendre les choses d’une façon différente. Exit la course pour trouver un logement, pour se dire qu’on cale tout très vite. On prend le temps, on respire, et on profite, on découvre, on se recentre et on discerne.

Discerner, ça aura été le mot d’ordre des semaines suivantes : parce que finalement, qu’est ce que je veux vraiment, qu’est ce que l’ON veut vraiment ? Parce que nous sommes une famille, une meute disais-je même dans un autre article, nous devons penser ce qui est le mieux pour nous tous et pas seulement individuellement.

Alors pour commencer, je me questionne, cette dernière année a été riche de décisions, de changements, de projets, peut être trop diraient certains, sûrement trop … Entre l’IEF, le projet du resto et le déménagement en Martinique, cela fait trois grands changements de vie ! Donc j’ordonne, je priorise, je tente de savoir ce que je veux vraiment faire.

Je ne me sens pas entier ici, je ressens toujours ce vide, quelque chose manque. C’est une chose compliqué à expliquer, et je me sens parfois presque illégitime de penser ça, vivant dans cet écrin paradisiaque ça me paraît toujours étrange et déplacé de pouvoir dire ça. Je me sens comme coincé dans un univers dans lequel je n’arrive pas à m’ouvrir, m’épanouir. Je ne m’étendrai pas sur les histoires que j’ai entendu sur l’IEF ici, j’ai entendu différents sons de cloches, et ceux qui vivent ici disent que c’est pareil qu’en métropole. Pour le resto par contre, je le sens moins. Le zéro déchet, la bio, je ne sais pas pourquoi, mais je ne le sens pas. Les locaux qu’on a pu voir ne m’inspirent pas et les villes ne me parlent pas plus que ça non plus.

Une fois que je me retrouve chargé de quelques éléments de réponses et quelques millions de questionnements supplémentaires, on en discute, on profite de chaque instant pour faire le point. La Communication, notre crédo de vie de couple, nous aide encore une fois à aller de l’avant et à classer les choses comme nous le ressentons.

Premier point, l’IEF.

Là dessus, pas de débat, l’instruction de nos enfants est notre toute première priorité, nous avons à cœur de leur transmettre une instruction que nous jugeons de qualité et donc nous ne transigerons pas dessus pour le moment, ils restent à la maison. Tant que nous n’aurons pas les moyens de leur proposer une école qui nous ressemble nous ne changerons rien, les écoles Montessori et consort restant hors de prix !

Second point, le resto ou la Martinique ?

D’un côte le restaurant, nous l’avons rêvé, pensé, imaginé pour en arriver à un projet qui nous plaît, qui nous ressemble. Un projet qui certes nous demanderait de l’investissement en terme de temps, certainement plus qu’un travail salarié classique.
Et de l’autre la Martinique, nous en avons rêvé aussi, nous aimons y être aujourd’hui : climat agréable, mer douce et plages magnifiques, les vacances au quotidien quoi.
Dans ce duel, notre raison nous dit que le resto prime, c’est un projet de vie, la Martinique figurerait ici plus comme un bonus.

Donc maintenant que tout est hiérarchisé, il faut faire des choix. Comment on voit l’avenir ?

Nous avons donc pris la décision de rentrer en métropole.

Rentrer pour vivre notre projet, pour le vivre autrement aussi.
Parce que ce voyage nous a appris sur nous et sur nos capacités. Aujourd’hui nous avons une vision différente de nous, de notre couple et de notre famille. Nous en sortons forcément plus soudés et plus riches de remises en questions.

D’un côté, notre projet mûri toujours plus et d’un autre nous avons peut être mieux compris pourquoi nous sommes là aujourd’hui : la déconnexion.

Après y avoir bien réfléchi, nous faisons peut être un genre de crise d’adolescence. Nous avions peut être besoin de tout lâcher pour mieux nous reconnecter entre nous, nous réunir, reformer notre cocon familial pour mieux sortir de notre chrysalide à notre retour.
En étant coupé de tout ce que nous connaissions à Nantes, nous avons la possibilité de tout repenser, de ré-imaginer notre vie et la conception que nous en avons.

Et puis franchement, nous ne nous serions jamais permis 2 mois de vacances sous le soleil caribéen sans ça !

Maintenant nous profitons, nous vivons notre expérience, nous kiffons notre aventure et nous aurons hâte de vous la partager de vive voix quand nous nous reverrons.

Retour prévu le 19 juillet à Nantes, il nous reste donc très exactement un mois, 3 heures et 5 minutes !

C’est parti !